Slovaquie : De Kosice à Banska Stiavnîka

Kosice

Nous voici donc arrivé au point le plus à l’Est de notre petit tour en Slovaquie, Kosice, la deuxième plus grande ville du pays. Nous faisons un petit tour au marché local sur lequel la spécialité de la saison semble être la myrtille, on en trouve sur les étals et des dizaines de vendeurs ambulants en propose des seaux entiers. Nous tombons sur un petit monsieur à la voix de crooner en pleine représentation. Il chante des standards américains et joue de la trompette sous l’œil émerveillé d’une femme qui est visiblement une grande fan.

Nous visitons la ville en appréciant sa belle architecture et ses monuments, en particulier sa belle cathédrale gothique, Sainte Elisabeth.


Le lac de Dedinky

Il va falloir retourner sur Bratislava pour rendre notre voiture de location. Nous avons pris plusieurs jours pour rouler continuellement vers l’est sur plus de 400km, mais nous n’avons plus qu’une journée et demi pour revenir à la capitale. Nous traçons notre route en faisant tout de même un arrêt au lac de Dedinky. En hiver, ce lac est gelé et fait le bonheur des patineurs sur glace, en été, il fait le bonheur des touristes qui viennent s’y rafraîchir.


Banská Bystrica

Nous roulons bien et arrivons pour la nuit à Banská Bystrica. Nous passons la matinée à visiter le centre de cette jolie ville qui doit son importance à son passé de ville minière. Durant des siècles, cuivre, argent, or et autres métaux ont été extraits du sol de cette région et ont fait fleurir l’économie locale.

Au cours de notre visite, nous passons par un cimetière, sobre, bien entretenu et bien fleuri. Damien me fait remarquer une chose : « t’as vu, elle s’appellent toutes Rodina dans cette partie du cimetière, tu crois qu’ils les ont rangées par nom ? » Je regarde, et en effet il y a marqué Rodina partout. Je trouve ça étrange et m’interroge 🤔, jusqu’à ce que j’éclate en fou rire lorsque je réalise qu’il s’agit en fait de caveaux familiaux et que Rodina signifie « Famille » 😆


Banská Štiavnica

Dernière halte avant le retour à Bratislava, une autre ville minière, Banská Štiavnica. Nous commençons par gravir le Mont Calvaire de la ville, une grande colline sur laquelle se trouvent 25 bâtiments. Des chapelles dans lesquelles on peut voir des représentations des stations du Christ et des douleurs de la Vierge. Et des Églises au nombre de trois, une au pied de la colline, une au milieu et une troisième au sommet. Cette dernière a été construite ici pour être visible depuis tous les environs, et du coup elle offre une belle vue sur la campagne environnante.

Nous nous rendons ensuite au sein de la ville médiévale de Banskà Štiavnica. Difficile de se garer ici ! Il y a beaucoup de touristes et toutes les places disponibles semblent être réservées pour les résidents. Nous laissons donc la voiture dans un parking payant et marchons dans les rues qui montent et qui descendent. Un vieux château, un nouveau château et de beaux bâtiments pour cette agréable visite.

Et c’est la fin de notre passage en Slovaquie. Encore une belle découverte pour nous. Entre jolies villes, beaux châteaux et bonnes randonnées, nous sommes ravis d’avoir choisi ce pays pour notre voyage. Nous rendons la voiture de location et prenons le bus direction la Roumanie.

Zbohom Slovensko !

Slovaquie : de Stary Smokovec à Kosice

Bon, bon, bon. Plusieurs mois sans rien écrire. Vous vous doutez bien que ce n’est pas parce qu’on serait restés coincés dans le dernier château tout ce temps que je n’ai pas posté d’article depuis des mois. Non, c’est surtout parce qu’on a eu un rythme de voyage assez soutenu, parce qu’en voyageant à deux, on prend moins de temps pour soi, et sûrement aussi un peu de paresse d’écrire et de faire le tri dans les millions de photos qu’on prend. Mais je tiens quand même à continuer à raconter nos petites aventures, alors reprenons donc là où nous en étions.


Stary Smokovec

La route vers notre dernier château nous fait passer par les montagnes des Hautes Tatras. Nous en profitons pour faire un arrêt à Stary Smokovec, charmante petite station de ski l’hiver et point de départ de randonnée l’été. Mais nous ne nous engageons pas dans une randonnée aujourd’hui. Pas que nous ayons peur d’encore nous égarer 😅, c’est surtout que nous avons déjà une rando de prévue plus tard et que notre temps est limité par la durée de location de la voiture. Nous empruntons néanmoins un chemin menant à un point de vue sur la ville. Il s’agit d’un chemin de croix au long duquel les 14 stations sont représentées par des sculptures assez originales.


Spišský hrad

Peu avant d’arriver à notre ultime château, une chapelle perdue un peu au milieu de nul part attire notre attention. Nous nous y arrêtons et découvrons une source d’eau à côté de la chapelle, l’eau qui jaillit est bouillonnante et a une odeur soufrée, ça pue l’œuf pourri clairement. 🤢 La chapelle est fermée et semble abandonnée, on ne s’y attarde donc pas, c’est que le ciel est menaçant aussi, ça serait dommage de se retrouver sous la pluie pendant qu’on visite le château.

Depuis la route, on voit parfaitement l’imposant château de Spis, Spišský hrad en slovaque. Un beau et grand château médiéval qu’on peut mettre dans la catégorie « château médiéval fantastique ». Voyez, une grande colline verdoyante avec un village à son pied, de grandes fortifications, des rangées de canons, une tour. On a un bon décor pour faire un remake (en mieux) de la dernière saison de Game of Thrones.

Nous visitons en écoutant l’audioguide (gratuit à télécharger sur son smartphone 👍). Construit au XIIeme siècle, il a entre autres permis de résister aux attaques des Tatars, un peuple turc. Il passe entre les mains de différentes famille au cours des siècles jusqu’à subir un violent incendie en 1780, et depuis ce sont ses ruines qui subsistent. Après avoir visité la partie supérieure avec sa tour, sa chapelle, sa salle de torture… nous partons faire le tour de la muraille extérieure. Malheureusement, c’est le moment que choisit la pluie pour s’abattre sur nous. Mais comme on est super prévoyants, on sort nos super ponchos et on finit notre visite en restant sec 😃


Sucha bela

Trêve de châteaux, nous repartons randonner un peu. Cette fois ci nous remontons la petite rivière Sucha Bela à travers ses jolies gorges. Nous devons parfois passer d’une rive à l’autre en sautant sur des cailloux pour ne pas se mouiller les pieds (spoiler : on s’est bien bien mouiller les pieds), nous devons aussi faire un peu de grimpette sur les nombreuses échelles en bois ou en métal, et parfois même ce ne sont que des tiges en métal plantées dans la roche sur lesquels il faut se déplacer. Ce n’est « que » 9km aller/retour mais comptez 3 bonnes heures au moins pour la faire.

À un moment, ça bloque au niveau d’une échelle. Il y a beaucoup de randonneurs et il semblerait que quelqu’un ralentisse tout le monde. Sûrement une personne qui craint un peu trop les échelles et la hauteur. Il faut dire que certaines font au moins sept mètres, ça peut faire peur mais bon ça casse surtout les pieds, je vais bien lui lancer un regard culpabilisateur quand je la rattraperai ! 😠

Sauf que, ce n’est pas une personne trop lente parce que peureuse que nous rattrapons, mais une personne handicapée ! Un vieux monsieur avec des béquilles qui a bien du courage de faire un tel parcours. Avec son handicap, il a dû se lever bien tôt pour en être là où il est, et il est loin d’en avoir fini le pauvre !

Quoiqu’il en soit, cela n’a en rien gâcher cette belle randonnée que nous vous conseillons vivement si vous passez dans le coin !

Allez, on remonte en voiture et direction la deuxième plus grande ville du pays, Kosice !

Slovaquie : de Bojnice à Spiss

Ou plutôt « d’un château à l’autre » aurais-je pu intituler cet article. En effet, dans le patrimoine de la Slovaquie, on trouve de nombreux châteaux, certains bien entretenus ou rénovés, et d’autres à l’état de ruines. Pour la suite de notre parcours, nous en avons sélectionné trois, Bojnice, Orava et Spis. Allez en voiture et partons les explorer !


Le château de Bojnice

Nous nous rendons donc en premier à Bojnice qui se trouve à 2h de route. Nous nous garons sur le parking du Lidl pour ne pas payer le parking (y’a pas de petites économies 💶 ! 😁) et nous traversons la petite ville et sa rue principale qui mène aux portes du château.

Category is « Château de Princesse », and Bojnice, you’re a winner baby !

Tout joli, tout propre, avec de belle tours coiffées de toits de cuivre bleuté, il a beau avoir plus de 700 ans, grâce à un bon entretien par ses propriétaires successifs, il est toujours resplendissant.

Château de Bojnice

Mais la beauté intérieure ça compte aussi, et pour cela, le Château de Bojnice n’est pas en reste. Chaque pièce nous dévoile sa thématique et sa propre décoration, les plus belles étant le salon oriental et la salle dorée au plafond incrusté de feuilles d’or. Nous visitons également une galerie d’art, une chapelle et dans les tréfonds du château, une grotte où coule une source d’eau.

PS : ça se prononce Boï-ni-tsé, pas boje-nisse !


Sulov

Avant de passer au château suivant, nous faisons une halte au petit village de Sulov d’où nous partons pour une petite randonnée.

Ou devrais-je plutôt dire : d’où nous essayons de partir… impossible de trouver le départ de la randonnée, on s’était pourtant renseigné avant de venir mais même les habitants auxquels on a demandé n’ont pas su nous aider. Nous tournons en rond pendant 15 minutes dans le village mais nous trouvons enfin le panneau indiquant la randonnée qu’on veut suivre. Allez c’est parti !

Ou plutôt devrais-je dire : c’est mal parti ! 😐 Nous avons rater une bifurcation peu après le départ et nous avons marché 20 minutes dans la mauvaise direction… des winners j’vous jure 🤦‍♂️

Donc, nous faisons demi-tour et nous trouvons le bon chemin une bonne fois pour toute. Rien de particulier si ce n’est les assauts répétés d’essaims de mouches et de taons malfaisants sur une partie de la route, jusqu’à ce que nous arrivions sur une prairie depuis laquelle nous pouvons voir plusieurs « chaînes » d’éperons rocheux. Un peu plus loin, une forte pente se présente devant nous. Équipés de nos superbes chaussures achetées chez Décathlon avant le départ, nous entamons l’escalade.

Au « sommet », nous atteignons une énorme anfractuosité, c’était donc ça la récompense. C’est vrai que c’est plutôt Instagrammable. Allez séance photo et on y va. C’est qu’on a un château qui nous attend après.

Évidemment ça ne serait pas drôle si on ne s’égarait pas encore un peu sur le chemin du retour… 😅 Je vous ai dit qu’avec Damien on s’était inscrit pour le casting de Pékin Express ? C’est peut être pas plus mal qu’on ait pas été sélectionnés 🙃


Le château d’Orava

Nous roulons jusque Oravsky Podzàmok où se trouve le château d’Orava. Il tient son nom de la rivière Orava au bord de laquelle il a été construit. Érigé tout en verticalité le long d’un éperon rocheux, il est constitué de plusieurs bâtiments sur différents niveaux. Je ne suis pas historien et encore moins expert en architecture alors je le mettrai dans la catégorie « Château de Chevalier », mais de ce que j’ai compris, il date du XIIIeme siècle, il était à l’origine de style roman et gothique, mais après différents remaniements, incendies et restaurations il est maintenant de style gothique renaissance. Il a notamment servi de décor pour le tout premier film de vampire : Nosferatu, qui a été réalisé en 1922. Et il a également servi d’inspiration pour la conception de Kaer Morhen, la forteresse des sorceleurs de The Witcher.

Château d’Orava

Nous commençons la visite par la partie inférieure du château, tout de suite plongé dans l’univers médiéval de celui ci avec une potence pour les pendaisons, une salle de tortures et un tas d’ustensiles pour les joyeusetés de l’époque…

Dans la cour, les escaliers et les balcons s’enchevêtrent, et une gente demoiselle attend son preux chevalier… bah elle va être déçue, il n’y a que des touristes qui se fatiguent en montant les marches pour atteindre les étages supérieurs du château. Nous visitons les différentes pièces, chambres, salle de réunion, salle à manger et arrivons au bâtiment le plus haut pour vue dégagée sur le village, la forêt et la campagne environnante.


Encore un château à venir, celui de Spiš pour la catégorie « château médiéval fantastique », mais je le garde pour le prochain article !

Slovaquie : Bratislava et Trnava

Quand on part voyager plusieurs mois, gérer son budget n’est pas une chose à prendre à la légère. Le calcul est vite fait, imaginez qu’on dépense chacun seulement 15€ de plus par jour que ce qu’on aurait prévu, sur 4 mois ça donnerait 15€ x 4 x 30 = 1800€ chacun

Du coup on ne peut pas se permettre quotidiennement des restau, des glaces ou autres extra comme on pourrait le faire lorsqu’on part 2 semaines en vacances. Et c’est aussi ce qui nous amène à choisir des hébergements à petit prix comme celui où nous nous trouvons maintenant à Bratislava.

On connaît déjà les auberges de jeunesse dans lesquelles on dort sur des lits superposés dans des dortoirs de 4, 6, 8 voire plus (perso, je préfère éviter au delà de 6, ça commence à faire trop). L’hôtel où nous sommes, lui, propose des capsules. Le concept est né au Japon il y a quelques années, et on le retrouve maintenant dans divers endroits.

L’ensemble reste cosy, c’est propre et confortable mais j’avoue que ça fait quand même bizarre de se dire qu’on dort à quelques centimètres de ses voisins, seulement séparés par une cloison.


Bratislava

Bratislava, capitale de la Slovaquie, est située à l’extrême ouest du pays, à la frontière avec l’Autriche. Comme Vienne, la capitale autrichienne, elle est traversée par le Danube qui forme ensuite une longue frontière avec la Hongrie quasiment jusque sa capitale, Budapest.

Si je vous parle de ces 3 pays, c’est parce qu’ils ont longue histoire commune. Je ne vais pas vous faire tout un cours, mais pour résumer, la Slovaquie, tout comme la République Tchèque a fait partie de l’empire d’Autriche Hongrie entre le XIeme et le XXeme siècle. La République Tchèque appartenait à la partie autrichienne de l’empire et la Slovaquie était sous la domination hongroise, Bratislava à même été pendant un temps la capitale de la Hongrie.

À l’issue de la première guerre mondiale signant la fin de l’empire ostro-hongrois, les deux nations se sont unies et la Tchécoslovaquie a été créée. La scission donnant naissance à la Slovaquie et la République Tchèque a eu lieu en 1992, après une révolution pacifique ayant fait très peu de victimes (la Révolution de Velours). Ceci a beaucoup contribué au fait que les deux pays soient restés très proches et qu’ils entretiennent toujours de bonnes relations.

Maintenant que vous en savez un petit peu plus sur son histoire, nous pouvons passer à la visite du pays, en commençant donc par Bratislava. C’est une ville de 500 000 habitants mais son cœur historique est assez petit. Nous nous perdons dans le dédale de ses rues piétonnes et nous nous arrêtons devant la porte Michel malheureusement gâchée par des échafaudages, la cathédrale Sainte-Martin malheureusement gâchée par l’autoroute qui passe quasiment à ses pieds (c’est quand même dans cette cathédrale qu’on été couronnés les rois de Hongrie pendant 300 ans), et le pont OVNI , « chef d’œuvre » d’architecture communiste, malheureusement gâché par lui même.

Nous pouvons néanmoins bien apprécier le théâtre national, la jolie Église bleue Sainte-Elisabeth, le château de Bratislava et tout un tas d’autres beaux édifices. Ajoutons à cela quelques sculptures originales comme le Man at Work (un homme qui sort par une bouche d’égout… pourquoi pas hein ? 🤷🏼‍♂️) ou la Flamme de la Liberté dans une Poubelle (la même flamme que porte la Statue de la Liberté, et qu’on retrouve au Pont de l’Alma à Paris notamment), et ça nous fait une bonne visite.

Coup de chance pour nous, nous sommes le premier dimanche du mois et les musées sont gratuits ! Après hésitation entre le muséum d’histoire naturelle et le château de Bratislava, nous choisissons le château. Rénové il y a quelques années, on ne le visite pas vraiment pour ses intérieurs (en gros c’est tout blanc avec quelques beaux miroirs), mais plutôt pour le musée sur l’art, la culture et l’histoire qu’il abrite. L’occasion pour nous d’en apprendre d’avantage sur le passé de la Slovaquie.

Le château de Bratislava


Trnava

Conseillée par notre guide en étant présentée comme la petite Rome de Slovaquie, Trnava est notre destination suivante. Nous nous y rendons en train et parcourons ses rues. Des églises, des fortifications, une statue de Jean Paul II, une synagogue reconvertie en café et des milliards de punaises sur des bancs public ! Une visite sympathique mais un peu survendue quand même. En fait le nom de petite Rome vient surtout du fait que la ville possède beaucoup d’Église.


Train, bus, voiture, stop, tuktuk…? Après études de toutes les possibilités qui s’offrent à nous pour la suite de notre petit tour en Slovaquie, nous décidons de louer une voiture pour une semaine, ça sera la façon la plus pratique pour faire toutes les visites que nous avons prévues. Villages, châteaux, montagnes, nous voici !

République Tchèque : České Budějovice, Český Krumlov et Brno

České Budějovice

La voiture c’est pratique mais ça coûte cher ! Et quand il s’agit d’aller seulement d’une ville à l’autre, mieux vaut prendre le bus ou le train. C’est donc ce que nous faisons pour rejoindre České Budějovice au sud de la Bohème.

Ville agréable avec un beau centre historique que nous visitons tranquillement à pied. La particularité de České Budějovice : elle possède la place la plus grande du pays. Bordée par l’hôtel de ville et par de jolies maisons bourgeoises, avec sa fontaine centrale, elle est aussi très belle. Dommage qu’il y ait toutes ces voitures, ça gâche un peu les photos. Vivement qu’Anne Hidalgo vienne prendre les commandes et supprime toutes ces places de parking.

České Budějovice

Český Krumlov

Nous poursuivons en bus jusqu’à la petite ville de Český Krumlov dont la particularité est d’être construite dans des méandres de la rivière Vltava (la Moldau pour les allemands).

Édifiée au XIIème siècle, elle a été la possession de différentes famille nobles, puis de l’empire ostro-hongrois, puis de la Tchécoslovaquie, puis du Troisième Reich, puis re la Tchécoslovaquie, et enfin la Tchéquie depuis 1992. Ayant pas mal souffert durant les années de communisme, la ville a néanmoins récupéré de son importance et a même été inscrite au patrimoine de l’UNESCO.

La météo semble incertaine aujourd’hui, nous croisons les doigts pour ne pas nous retrouver coincés sous un orage, et nous partons voir cette petite ville visiblement très visitée par les voyageurs.

Et on comprend vite pourquoi. Český Krumlov a un charme indéniable. Impossible de ne pas s’arrêter tous les 50 mètres pour prendre des photos : la cathédrale, le château avec sa tour et sa façade en trompe l’œil, le jardin du paisible monastère…

Nous faisons aussi connaissance avec une star internationale qu’on voit un peu partout dans les magasins, Krtek, alias Taupinette en français, nous commandons des glaces, en tchèque zmrzlina (prononcez zmeur-zli-na) et nous regardons les touristes dévaler les « rapides » en canoë.

Le ciel s’assombrit de plus en plus et des éclairs apparaissent au loin. Nous nous dépêchons de rejoindre la gare routière et évitons l’orage de justesse.

Český Krumlov

Brno

Alors, je vais tout de suite répondre à la question que vous devez probablement vous poser : ça se prononce beur-no.

Il devait y avoir des absents le jour de la distribution des voyelles en Tchéquie…

Brf, nous arrivns en bus à Brno et nous allns dirctemnt à notr hôtl, le Franz Kafka Spital. (finalement, on pourrait bien s’en sortir avec moins de voyelles nous aussi 😄).

Spital signifie hôpital en tchèque. Oui, nous allons passer la nuit dans un hôpital, mais celui ci ne reçoit plus de patients depuis longtemps. Le bâtiment, construit en 1913, a d’abord été le siège d’une compagnie d’assurance, ce sont les communistes qui en ont fait un hôpital. Abandonné pendant 20 ans, il a finalement été reconverti en hôtel.

Ambiance plutôt spéciale on peut dire. Avec le vieux matériel de chirurgie, les murs défraîchis et les couloirs sombres, on pourrait facilement utiliser cet endroit pour un film d’horreur.

Pour ce qui est de Brno, et bien il s’agit de la ville principale de la Moravie. Deuxième plus grande ville du pays après Prague, elle est très animée. Non dénué de charme, elle présente de jolis bâtiments, une grande cathédrale et de jolies places. Sa particularité c’est d’avoir le plus grand suppositoire du monde, il est érigé sur la grande place de la ville et servirait également d’horloge mais nous n’en avons pas compris le fonctionnement 🤷🏼‍♂️

Nous n’avons pas prévu d’explorer la Moravie au delà de Brno. Nous avons déjà passé 11 jours dans le pays, et nous sommes très satisfaits de ce que nous avons pu en voir. Et contrairement à ce qu’on aurait pu penser, le coût des hébergements ici revient vite cher, surtout en cette période estivale, et nous ne voulons pas exploser le budget dès le départ !

Nous décidons donc de passer à la destination suivante, la Slovaquie. Mais avant de prendre le bus qui nous y emmènera, nous profitons du beau temps pour nous offrir un moment de détente à la piscine. On met son plus beau maillot de bain, on s’étale de la crème solaire et on va se prélasser au bord de l’eau.

République Tchèque : check ! ✅

République Tchèque : Paradis de Bohème, Suisse Tchèque et Saxonne

Le Paradis de Bohème

Nous prenons la route à bord de notre petite voiture de location, et nous réglons le GPS sur « Paradis de Bohème ». Ce joli nom est celui donné à cette région montagneuse au nord de Prague. Paradis parce que ce sont des écrivains un poil romantique qui l’ont baptisée, de Bohème, car la partie Ouest de la République Tchèque porte ce nom, la partie Est étant la Moravie.

Nous arrivons dans la petite ville de Mala Skala qui est traversée par un cours d’eau où se baignent des vacanciers. Nous, nous grimpons jusque dans les hauteurs pour atteindre le départ d’une petite randonnée qui doit nous mener jusqu’au labyrinthe de pierre de Kalich.

Rien de bien difficile, il suffit juste de suivre les marques blanche et rouge pour atteindre de gros rochers de grès formant de multiples couloirs. Nous atteignons ensuite un point de vue vertigineux dont nous profitons un instant avant de finir la randonnée et d’aller rejoindre les vacanciers au bord de l’eau.


La Suisse Tchèque

Nous prenons ensuite la direction du parc national de la Suisse Tchèque où une autre randonnée nous attend. Mais avant cela, nous nous arrêtons en chemin pour aller voir une petite curiosité, Panská skála. Ce sont des orgues basaltiques. Un peu comme la chaussée des géants en Irlande mais en plus modeste, il s’agit de coulées de magma qui, sous l’effet du refroidissement et de la contraction de la matière, forment des colonnes. Leur particularité est d’avoir une forme hexagonale et une taille assez régulière. Elles semblent jaillir du sol comme si un titan les avaient fait sortir depuis les entrailles de la terre.

Arrivé au petit village de Mezni Louka, nous laissons la voiture au parking et commençons la randonnée. D’après les informations obtenues à l’office de tourisme, nous pouvons faire une boucle d’environ 3h avec de la marche jusqu’au village de Hrensko et le retour via la petite rivière Kamenice.

La randonnée nous fait bien monter, il faut parfois faire attention à ne pas trébucher sur une branche, un caillou ou dans un trou, mais rien de bien méchant. Nous longeons des falaises de grès, profitons des points de vues, trébuchons sur une branche… 😑 et au bout de 2h, nous arrivons en contrebas d’une falaise au sommet de laquelle a été construit un hôtel, le « Sokolí Hnízdo », le « Nid de Faucon » qui a été construit en 1881 par un certain duc Edmond Clary-Aldrigen. Non content de s’approprier la cime de la montagne, il en a ensuite rendu l’accès payant, et c’est donc de la modique somme de 4€ par personne que nous nous faisons délester pour accéder et apprécier la beauté du sommet.

Pravčická brána trône au sommet des montagnes de la Suisse Tchèque. Pravčická brána est la principale raison qui pousse les visiteurs à venir jusqu’ici. Pravčická brána est une grande arche de pierre longue de 26 mètres et haute de 16. Pravčická brána signifie la Porte de Pravčice (du nom d’un proche village). Et ça fait 4 fois que je vous fait lire Pravčická brána (maintenant 5), et je suis certain que personne ne l’aura lu correctement ! Il faut prononcer prav-tchits-kaa braa-na !

Je vous laisse apprécier les photos de ce monument qui avait concouru pour faire partie des sept nouvelles merveilles naturelles du monde, et qui a tout de même atteint le top 100 avec une belle 71eme place.

Pravčická brána

Nous pouvons maintenant redescendre et continuer le chemin jusqu’au village de Hrensko où nous pourrons prendre le petit bateau.

3/4h plus tard, nous arrivons au village et voyons la rivière Kamenice, un panneau indique qu’il faut d’abord longer la rivière à pied pendant 20 minutes pour rejoindre l’embarcadère.😤

35 minutes plus tard… 😠 nous y sommes. Nous payons nos billets et nous attendons le départ.

20 minutes plus tard, le bateau part enfin. Il est propulsé par un batelier qui utilise une grande perche pour pousser au fond de l’eau. Nous traversons tranquillement les gorges d’Edmond (oui le même duc à qui on doit l’accès au sommet payant). Une sympathique balade dans un joli décor. 😀

Après 20 minutes de voyage, nous débarquons, un panneau indique que le village où nous avons déposé la voiture est à 15 minutes. 😡

15 minutes mon c… oui ! C’est plus de 30 minutes qu’il nous a fallu, et en plus ça ne faisait que monter ! 🤬

Au final, cela nous pris plus de 5h 🤯 pour faire cette boucle censée nous en demander 3. On était pas prêts pour ça, mais heureusement ça en valait la peine.


La Suisse Saxonne

Le parc national où nous sommes a une partie en République Tchèque, la Suisse Tchèque, et une autre partie en Allemagne, la Suisse Saxonne. Toujours en forme malgré les kilomètres non prévus de la veille, nous partons au charmant village de Rathen en Allemagne, et nous lançons à nouveau pour une randonnée, en s’étant bien assuré de la longueur et du temps de parcours cette fois ci.

487, c’est le nombre de marches qu’il faut gravir pour au arriver au point culminant de cette balade et atteindre la Bastei, une superbe formation rocheuse sur laquelle a été construit un pont en pierre. Du haut de ses 194 m, il surplombe l’Elbe et offre un panarama exceptionnel sur la vallée et les autres formations rocheuses.


Hrensko

Avant de rentrer sur Prague, nous faisons un arrêt à Hrensko que nous n’avions pas pris le temps de visiter précédemment. Une surprise teintée de déception lorsque nous découvrons que l’essentiel du village est constitué de boutiques de souvenir tenues uniquement par des asiatiques, de restaurants et d’hôtels. Nous ne nous y attardons donc pas et nous revenons à Prague, d’où nous partirons en bus dès le lendemain pour le sud de la Bohème.

République Tchèque : Prague

Quitter notre apparmement n’a pas été une chose facile, sentimentalement parlant (nous y ayons passé respectivement 10 et 5 ans) mais surtout logistiquement parlant ! Tant d’affaire accumulées toutes ces années, ces appareils ménagers, ces tonnes de vêtements, ces milliers trucs de déco, de bouquins, de souvenirs, les consoles de jeux… ça fait quand même bizarre de mettre un peu toute sa vie dans des boîtes pour les mettre de côté pour un moment. Et ça prend de la place et du temps de déménager tout ça ! Une partie à la cave, une partie chez les parents, on doit avoir 80 cartons à nous deux. Un grand merci à mes parents, Dominique et Fabien, et aussi à nos amis Guillaume et Sylvain pour leur aide.

Donc nous avons fait notre petit « déménagement » que nous avons fini… 1 heure avant notre départ. Je vous passe les détails du pourquoi comment, mais croyez moi qu’on y a mis de l’énergie pour finir à temps. 🥵 Heureusement nos sacs étaient déjà prêts ! Dernier check up : vêtements, trousse de toilettes, médicaments, appareils électroniques, passeports, vaccins… nous sommes ready ! Direction Orly pour notre première destination, la République Tchèque.

Notre voyage commence donc à Prague. Après un court vol, nous arrivons à l’aéroport, nous récupérons nos bagages et quittons l’aéroport après un simple contrôle de passeport, pas de contrôle du passe sanitaire, test PCR ou quoi que ce soit. Ok nous avons été contrôlés à l’embarquement mais nous pensions que ça serait plus strict, soit. Nous nous rendons directement à l’auberge de jeunesse que nous avons réservée et au lit. Après notre folle journée de déménagement, nous avons mérité une bonne nuit.


Pour notre première visite, nous nous rendons au Museum National de Prague, un musée abritant diverses expositions et collections, et en particulier une très belle galerie de minéralogie. Le bâtiment lui même est également très beau, mais seulement la partie historique, il y a une extension plus moderne encore en cours d’aménagement mais elle vaut moins le coup d’œil.

Nous marchons jusqu’aux hauteurs du Memorial National de Vitkov érigé en la mémoire des légionnaires tchequoslovaques qui ont combattu lors de la Première Guerre Mondiale. Nous profitons du point de vue sur la ville avant de nous rendre à la Cathédrale Saint-Clément. L’acoustique de ce lieu est régulièrement mise à profit pour des concerts de musique classique, c’est d’ailleurs ce qui nous a menés ici. Nous apprécions les Quatre Saisons de Vivaldi, l’Ave Maria de Schubert et autres Petite Musique de Nuit de Mozart, par contre on apprécie moins quand l’orgue finit prématurément la Toccata et Fugue en Ré mineur sur un « pouet pouet » (problème technique probablement).


Le château de Prague a été le lieu d’exercice du pouvoir des différents rois, empereurs et présidents qui se sont succédés. Situé sur une colline, il domine la ville depuis plus de 1200 ans.

Il ne s’agit pas d’un seul et unique bâtiment, mais de plusieurs édifices au sein de fortifications. Nous nous lançons à l’assaut de ceux ouverts au public en commençant par l’imposante cathédrale Saint-Guy et ses superbes vitraux, nous continuons avec l’ancien palais royal où se trouvent le trône et les joyaux de la couronne, puis différentes tours ayant servis de prison ou de salle de torture 😬 et pour finir, nous nous immisçons dans les habitations de la Ruelle d’Or. La petite histoire dit que des alchimistes auraient vécu à cette endroit ce qui serait l’origine de ce nom, la réalité est qu’il s’agissait simplement d’orfèvres, c’était leur Place Vendôme en fait.

À proximité du château de Prague, on trouve différents parcs et jardins, nous en profitons donc pour aller au jardin Waldstein puis au jardin Vojanovy dans lequel nous trouvons des dizaines de paons. Nous poursuivons jusqu’au mur John Lennon, un mur tout ce qu’il y a de plus ordinaire à la base, mais juste après l’assassinat de Lennon le 8 décembre 1980, un premier dessin de Lennon a été réalisé et le mur est rapidement devenu un lieu d’expression et de protestation contre la guerre et la dictature. Pour en savoir plus, vous pouvez lire cet article

John Lennon Wall

Nous parcourons à présent la ville historique de Prague. Nous sommes rapidement charmés par tous les beaux immeubles colorés, les nombreuses tours et clochers, ce n’est pas pour rien que cette vieille ville est inscrite au patrimoine mondiale de l’UNESCO.

Parmi ces innombrables édifices historiques, un d’entre eux a retenu notre curiosité et nous décidons d’aller le visiter, c’est le Klementinum. Ce bâtiment du XVIeme siècle une station d’étude météorologique et un observatoire astronomique dans lequel a travaillé Johannes Kepler a qui on doit notamment la découverte des lois portant son nom, décrivant les mouvements des planètes. Et se trouve également ici l’une des plus belles bibliothèques du monde, si ce n’est la plus belle.

Si on m’avait dit que nous pouvions être autant émerveillés par une bibliothèque, je ne l’aurai sûrement pas cru. Mais il faut reconnaître qu’avec ses milliers de livres anciens, ses colonnes, ses fresques et ses superbes globes terrestres et astronomiques, on ne peut être qu’admiratifs.

Notre terminons notre visite de la ville en nous rendant à Josefov, le quartier où s’était installée la communauté juive de Prague depuis le XIIeme siècle. Connaissant des périodes de prospérité grâce à la protection apportée par certains rois, mais aussi des périodes sombres de massacres (les pogroms), la communauté a atteint jusque 18000 habitants.

Le premier responsable de la disparition de cette communauté, c’est George Eugène Haussmann, oui notre cher baron à qui nous devons la transformation de Paris. Ses grands travaux ayant inspiré de nombreuses autres villes du monde pour leur transformation, il donna l’envie aux dirigeants de Prague de faire de même. C’est ainsi que de nombreuses petites rues et maisons furent détruites pour laisser place à de grandes avenues et des immeubles.

Le second responsable, c’est le nazisme. Comme les 6 millions de juifs tués en Europe lors de la Shoah, ceux de Prague n’ont pas fait exception. Et cela a signé la quasi disparition de la communauté. Au niveau du pays, c’est 90% de la population juive qui a été massacrée durant l’Holocauste et aujourd’hui, on compte seulement 6000 personnes de confession juive en République Tchèque.

De l’ancien quartier juif, il reste maintenant plusieurs synagogues, l’ancienne mairie et le cimetière juif. Plusieurs synagogues sont maintenant des musées dédiés à la culture et l’histoire juive. La synagogue Pinkas est elle, devenu un mémorial au victimes tchèques de la Shoah. Les noms des victimes ornent tous les murs, cela semble n’en plus finir et pourtant ce ne sont « que » 80000 personnes qui ont été tuées dans ce pays. Combien de centaines de murs comme ceux ci faudrait il pour les 6 millions de victimes ? … Nous parcourons les noms, et je ressens beaucoup d’émotion en réalisant que le mien s’y serait immanquablement trouvé si j’avais vécu ici à cette époque.

Nous passons ensuite par l’ancien cimetière juif, avec ses milliers de stèles se chevauchant les unes les autres. Cette disposition surprenante est dû au manque de place et à l’impossibilité d’étendre le cimetière. Pour pouvoir continuer d’inhumer des défunts, des couches de terres ont été successivement ajoutées et les stèles surélevées. Par endroits, il y aurait jusque 12 couches ! La crise du logement jusqu’après la mort !


Pour notre dernier journée, nous décidons d’aller au jardin botanique situé au nord de la ville. Entre les allées de fleurs, dans le jardin japonais ou dans la serre tropicale parmi les papillons, nous nous promenons et profitons du calme.

Et pour notre dernière soirée, nous allons boire et danser dans un bar. Les cocktails ne sont pas chers, la musique est bonne, on s’amuse bien mais soudainement la musique s’éteint et toutes les lumières se rallument, nous ne comprenons pas ce qu’il se passe jusqu’à ce que nous voyons un policier en train de contrôler les gens… Yes honey, the police shut down the party. But no fine for us because nous avons notre passe sanitaire en règle. Heureusement, car on nous a dit que l’amende peut aller jusque 1000€ ! 😱

Nous disons au revoir à Irina, la sympathique argentine avec qui nous avons partagé la chambre toute la semaine à l’auberge de jeunesse, puis nous partons à bord d’une voiture de location direction le nord vers le Paradis De Bohème et la Suisse Tchèque.