Le canyon des sept échelles
Ça fait longtemps qu’on a pas fait une bonne rando, il est temps d’aller prendre l’air un peu. Nous choisissons une randonnée qui nous semble facile d’accès et qui n’aie pas l’air trop difficile (on reste des randonneurs du dimanche). Direction donc le canyon des sept échelles, qui, je vous le donne dans le mille, est un canyon avec sept échelles à monter. Des arbres, des cascades, des ponts en bois et les échelles en métal, ça rappelle un peu Sucha Bela en Slovaquie mais un peu moins long pour ce qui est de la partie avec les échelles. Par contre, pour ce qui est de la suite, ouhlala qu’est ce que ça monte ! D’ailleurs, beaucoup de monde fait demi tour après le canyon, mais nous, nous voulons atteindre le sommet et mettons nos cuisses et nos mollets à l’épreuve pour y parvenir. Notre récompense à l’arrivée, une belle vue bien dégagée sur les montagnes environnantes et notre picnic que nous avions pris soin de préparer avant de partir. C’était sans compter sur ces ânes affamés qui en ont après notre nourriture et nous poursuivent pour nous voler notre repas ! Obligé d’aller se cacher pour pouvoir déguster nos sandwiches tranquillement !
Sighișoara
Encore un p’tit tour en train et nous voilà à Sighișoara, petite ville médiévale transylvanienne au charme incontestable, avec des petites rues pavées et des petites maisons colorées. Malgré les assauts des turcs et les incendies, la ville a très bien été préservée et sur presque tous les murs des bâtiments on voit des plaques indiquant « patrimoine historique ». Le logement que nous avons choisi est d’ailleurs lui aussi classé patrimoine historique, la jeune femme qui le gère nous explique la difficulté à entretenir cette maison car au moindre soucis, elle est obligée de faire appel à de chers artisans ayant des autorisations spéciales, ne serait ce que pour un robinet qui fuit. Ayant subi un dégât des eaux et la longue fermeture à cause de la pandémie, nous sentons son désarroi et nous sommes à la fois touchés et un peu gênés lorsqu’elle nous exprime sa gratitude pour avoir choisi de visiter son pays et d’être venus chez elle. Elle n’est d’ailleurs pas la première à nous remercier pour cela depuis le début de notre voyage, il faut avoir conscience que, contrairement à la France, beaucoup de pays n’ont pu offrir que peu, voire aucune aide financière durant les confinements.
Allons donc visiter cette jolie ville ! Nous disions donc, des rues pavées, des maisons colorées, mais aussi des églises, des tours (comme la très belle tour de l’horloge), et des escaliers, beaucoup d’escaliers car Sighişoara a été construite sur une colline. Au sommet de cette colline, il y a une église, un cimetière et une école. Pour y accéder, nous gravissons les presque 200 marches que montent aussi les écoliers pour aller à l’école. L’escalier a été protégé par un toit et des murs en bois formant un long tunnel préservant les enfants du froid, du soleil et des intempéries depuis 400 ans, ce qui lui vaut d’ailleurs d’avoir été baptisé « l’escaliers des écoliers ». Dans le cimetière, nous remarquons que certaines tombes ont une épitaphe en allemand, comme à Sibiu, ici aussi une partie de la population est germanophone.
Vlad Tepes
Et je vais maintenant conclure ces deux articles sur notre passage en Transylvanie en vous parlant enfin du plus célèbre personnage issu de cette région : Dracula !
Pourquoi seulement maintenant ? Et bien, il s’avère que celui qu’on appelle Dracula, Vlad Basarab de son vrai nom, est né à Sighişoara en 1431, nous sommes d’ailleurs passé devant la maison où il aurait vu le jour. Elle a cependant a été beaucoup modifiée et reconvertie en restaurant depuis.

Dracula est un vrai personnage historique très important de l’histoire de la Roumanie. Le nom Dracula vient de son père surnommé « Dracul » (le dragon), et Draculea signifiant « le fils du dragon ». Je pense qu’il faudrait beaucoup d’épisodes si jamais on faisait une série sur la vie de ce personnage, mais voici quelques éléments pour savoir comment est née la légende du vampire sanguinaire.
Au XVeme siècle, le Saint empire romain germanique, en particulier l’Autriche et la Hongrie, sont de plus en plus menacées par l’avancée de l’empire ottoman qui a déjà conquit les balkans. La Transylvanie et la Valachie (à prononcer Valaki…), situées entre les deux empires sont le lieu de nombreuses batailles. Entre luttes de pouvoir, alliances et trahisons, Vlad devient le souverain de la Valachie en reprenant le trône qui avait été pris à sa famille auparavant. Partisan d’une alliance avec les dirigeants de l’empire ottoman, il finit par les trahir ce qui provoque sa chute du trône qu’il ne récupérera que 14 ans plus tard peu avant d’être assassiné. Durant toutes les batailles qu’il a menées et ses années de règne, il s’est créé une réputation d’être sans pitié et sanguinaire, n’hésitant pas à faire assassiner quiconque s’opposerait à lui, en tuant ses soldats qui hésiteraient à aller au combat et en faisant empaler ses ennemis pour les exposer aux yeux de tous et ainsi dissuader ceux qui seraient tentés de l’attaquer. Cette réputation lui a valu d’être surnommé Vlad Tepes, Tepes signifiant « l’empaleur ».
Des siècles plus tard, un écrivain du nom de Bram Stoker s’inspire de l’histoire et des légendes entourant Vlad Tepes, pour créer le personnage du comte Dracula, vampire résidant dans un château en Transylvanie et se nourrissant de sang humain. Le livre connaît un certain succès, traverse les années et inspire le cinéma avec de nombreuses adaptations au cours du XXeme siècle, mais également le jeu vidéo avec la série de jeux Castlevania.
Et c’est là dessus que nous allons quitter la Transylvanie pour aller plus au nord dans la région du Maramures. Mais tout ne se passera pas comme prévu…