Roumanie : Le delta du Danube

Nous redoutions un peu de conduire sur des routes en très mauvais état et aussi que les roumains aient une conduite peu prudente. Mais jusque là, tout s’est bien passé. Les routes ne sont pas parfaites, il y a des beaucoup d’animaux morts sur le bas côté et les roumains ne sont pas des modèles de prudence, mais jusque là, ça a été.

Jusque là… car la route que nous empruntons aujourd’hui est une grosse blague. Comme beaucoup d’autres, elle n’a qu’une seule voie + une bande d’arrêt d’urgence qui fait office de moitié de seconde voie. Il faut donc soit rouler en permanence sur la bande d’arrêt d’urgence (cherchez l’erreur…), soit s’y déporter dès que quelqu’un veut nous doubler. Mais surtout, cette route passe par de nombreux villages où la limitation de vitesse est à 50 km/h, sauf que absolument personne ne la respecte ! Nous ralentissons autant qu’on peut mais nous sentons la pression de tous les conducteurs derrière nous, et certains n’hésitent pas à nous doubler en mépris de toutes les règles de sécurité. Des fous ! J’vous jure ils sont comme ça dans leurs bagnoles !

Nous finissons heureusement par arriver sain et sauf à Mahmudia où nous laissons la voiture au parking avant de prendre un bateau qui nous emmène jusque Sfântu Gheorghe.


Sfântu Gheorghe

Sur les 3000 km qu’il parcoure, le Danube passe par 10 pays d’Europe (Allemagne, Autriche, Slovaquie, Hongrie, Croatie, Serbie, Bulgarie, Roumanie, Moldavie et Ukraine). Il visite 4 capitales (Vienne, Bratislava, Budapest et Belgrade), et il finit son voyage en se déversant dans la mer Noire après s’être divisé en de multiples cours d’eau et lacs formant un immense delta dans lequel la nature peut s’épanouir, on y dénombre plus de 300 espèces d’oiseaux ! Au sein des 4150 km2 du delta partagés entre la Roumanie et l’Ukraine, on trouve seulement quelques villes et villages, nous avons choisi de nous rendre à Sfântu Gheorgues qui n’est atteignable que par bateau.

Le beau Danube bleu

À Sfantu Georges pas de bitume, que du sable, pas de supermarché, pas de distributeur, juste quelques magasins, 2 restaurants, une école et un petit port. Ce petit village à connu sa période de gloire entre 1885 et 1965, années pendant lesquels la pêche à l’esturgeon (pour le caviar) a fait prospérer l’économie. On y a même péché le plus gros spécimen du monde : 886 kilos ! Mais voilà, à force de trop pêcher les esturgeons, et bien maintenant il n’y en a quasiment plus. Résultat : chute de l’économie de la pêche, le village est progressivement abandonné et le nombre d’habitants chute de 5000 personnes à 700 au dernier recensement, et ce ne sont pas les quelques touristes qui viennent ici en ce moment qui vont faire exploser les statistiques ! La première ville étant à plus de 40 km et accessible uniquement par bateau, on est vraiment dans un endroit très tranquille !


Le delta en canoë

L’activité principale est d’aller visiter le delta du Danube sur ses nombreux canaux et d’observer la nature. Pour cela nous partons en canoë pour la journée. Sur les conseils de la dame à qui nous louons l’embarcation, nous prenons la direction d’une lagune au sud du village, une fois la lagune atteinte nous devrons trouver un petit canal pour revenir sur nos pas. Les débuts ne sont pas faciles, on s’égare dans des petits canaux, on doit parfois porter le canoë (il est lourd!), et lorsqu’on rejoins enfin le canal menant à la lagune, on se met à faire des zig zag en permanence sans trop comprendre pourquoi (mais c’était la faute de Damien évidemment 😛). Vraiment, si vous voulez mettre votre couple ou une amitié à l’épreuve, je ne pourrais pas vous conseiller mieux que le canoë.

Nous trouvons finalement le bon rythme et avançons droit tout en croisant quelques grenouilles et quelques oiseaux. 2 heures et demi après notre départ, nous voilà enfin sur la lagune, « un petit tour dessus et on prendra le canal pour le retour », c’est ce qu’on s’était dit… Sauf que, cette lagune qui n’apparaissait que comme une vaste étendue d’eau sur Google Maps est en fait envahie de roseaux et de nénuphars. Du coup, trouver le chemin pour atteindre ce fichu canal de retour n’est pas une mince affaire : 1h30 pour y arriver ! 🤯

Voilà 4 heures que nous sommes partis maintenant et nous n’avons toujours pas trouvé quelque part où nous poser. Nous apercevons un endroit où les roseaux sont couchés et où il semble qu’on puisse débarquer. Nous décidons d’y aller pour nous reposer un peu et manger un morceau. Mais les moustiques ne sont apparemment pas d’accord avec ça, à peine nous posons le pied sur la terre ferme que ces créatures du diable nous assaillent et ne nous laissent aucun répit. Juste le temps d’engloutir une banane, de faire un petit pissou et nous nous avouons vaincus. Nous sautons dans notre bateau et repartons illico.

Ce qui devait être une sympathique ballade en canoë commence à devenir un vrai calvaire. Et c’est qu’il faut maintenant revenir à Sfantu Gheorghes, on en a au moins pour 2 heures ! 😭 Heureusement, nous avançons bien droit et bien en rythme, et pour passer le temps, nous jouons au jeu du mot à deviner. On peut féliciter Damien qui a réussi à me faire galérer pendant 40 minutes avec le mot « boules Quies ».


Le delta en bateau

Sur le port du village, nous voyons de nombreux panneaux d’information sur des tours en bateau pour visiter le delta. Différentes routes sont proposées, nous choisissons celle intitulée « Caraorman », elle est plus chère mais elle semble passer par le plus d’endroits et elle dure le plus longtemps, ce qui devrait nous donner le plus d’opportunités de voir plein d’oiseaux. Nous appelons le numéro sur le panneau et réservons.

Nous voici donc parti le lendemain matin pour un tour en bateau. Nous prenons le canal au nord du village puis nous bifurquons à gauche pour passer par le lac Rosu, puis le lac Puiu et d’autres canaux… mais on ne s’arrête jamais ! On trace sans jamais s’approcher du bord et des quelques oiseaux et autres animaux qu’on croise. C’est quoi ce tour !?!?

Nous atteignons le village de Caraorman où nous débarquons. On nous fait monter à l’arrière d’un 4×4 et nous roulons sur une piste de sable, nous passons par une grande dune (assez improbable ici quand même), et nous arrivons dans une forêt où nous nous arrêtons auprès d’un gros arbre. On nous explique alors que Caraorman signifie « forêt noire » et qu’on trouve de très vieux chênes ici comme celui là qui a près de 400 ans. Tous les printemps, cette forêt se retrouve inondée, mais la dune protège le village. Voilà… 😐 en résumé c’est ce qu’on a vu et appris ici, on peut franchement dire que c’était pas ouf…

Nous retournons au bateau et revenons à Sfantu Gheorghes aussi vite qu’à l’aller. C’est donc plutôt déçus que nous finissons cette journée. Pas que ce tour soit totalement inintéressant, mais ce n’est clairement pas ce que nous espérions.

Ce passage sur le delta du Danube aura plutôt été en demi-teinte pour nous. Mais je ne pense pas que ce soit un endroit qui n’en vaille pas la peine, mais plutôt que nous n’avons pas fait les bons choix, peut être aussi qu’un jour ou deux de plus auraient été bien pour explorer d’autres endroits.


Il est temps de reprendre le bateau pour aller récupérer la voiture et la rendre sur Bucarest. Nous conduisons toujours prudemment, on tient à récupérer la caution ! De retour à la capitale, nous prenons le train pour quitter le pays. Prochain pays : la Bulgarie !

Même si notre dernière étape n’a pas été des plus satisfaisante ‘s et qu’il n’a pas toujours été facile et agréable de se déplacer ici, nous avons aimé découvrir ce pays qui nous a aussi beaucoup touché par son histoire. Peut être y reviendrons nous un jour pour découvrir d’autres de ses régions et nous prélasser sur ses plages au bord de la mer Noire ? En attendant, d’autres pays nous attendent !

La revedere Romania !

Roumanie : La Bucovine

Toujours au nord de la Roumanie, mais plus à l’Est maintenant, nous voici en Bucovine, une autre région assez rurale du pays. Nous traversons plusieurs villages dans lesquels on peut aussi voir des portails en bois monumentaux, des maisons avec de jolies façades, de belles églises… Nous prévoyons d’aller visiter plusieurs monastères très anciens, mais avant ça, si on allait faire un peu de randonnée ?


Pietrele Doamnei

Nous faisons un léger détour par les montagnes pour atteindre Pietrele Doamnei (« la pierre de la dame » en roumain). Une petite balade avec un peu de grimpette autour d’un pic rocheux. Bon, c’est finalement un peu plus long, et un peu plus boueux que ce qu’on pensait mais au moins on ne s’est pas perdu ! 😁


Le musée des œufs de Vama

Lors de notre passage à Sibiu. Nous avions rencontré une vieille femme qui vendait de très jolies œufs peints. N’ayant pu résister, nous en avions acheté plusieurs, et depuis nous nous trimballons nos œufs dans nos sacs et devons veiller sur eux comme de vraies mères poules pour les garder intacts jusqu’au bout du voyage… Je vous entend sourire en vous disant « mais quelle bande de gogols ces deux là ! Quelle idée d’acheter des œufs en souvenirs, surtout quand on part pour plusieurs mois ! » Mais le vrai problème, ça avait surtout été de choisir, parce qu’ils étaient tous trop beaux, on en aurait bien pris 3 douzaines !

Cette tradition d’œufs peints est très présente en Bucovine et il existe même un petit musée qui lui est dédié. Ce musée est tenu par une femme passionnée, qui, en plus d’avoir toute une collection d’œufs décorés selon la tradition de la région, possède des milliers d’autres œufs ramenés du monde entier.

Notre visite commence par quelques explications sur la création de ces œufs. Ils sont d’abord vidés et trempés dans une teinture blanchissante. Ensuite, à l’aide d’un outil constitué d’un manche en bois avec un petit tube au bout, elle dépose sur l’œuf un liquide constitué de cire et dessine les motifs avec une precision chirurgicale. Avec le même outil, elle ajoute délicatement d’autres cires colorées. La cire sèche rapidement et sa composition est telle qu’elle ne fond pas au contact de la chaleur corporelle. Une fois la décoration réalisée, elle applique un vernis sur l’œuf. Il faut au moins 1 heure à un artiste expérimenté pour réaliser un seul œuf, si il ne le casse pas en cours de route, car cela arrive malheureusement parfois.

Nous parcourons maintenant les vitrines dans lesquelles sont exposés des milliers d’œufs. Ils sont regroupés par styles et par couleurs. Chaque style a une origine et une histoire, les motifs représentés sont souvent inspirés par ceux des habits traditionnels de la region, mais on trouve également des motifs inspirés de la faune et la flore. Certains œufs ont parfois l’air d’être identiques mais non, chaque œuf de ce musée est unique.

Nous voici maintenant face aux vitrines dédiées aux trésors ramenés du monde entier. Des styles totalement différents, des représentations d’animaux, des paysages, des portraits… Des œufs sculptés également, des mini œuvres d’art réalisées avec du matériel de dentiste, le niveau de détail et la précision sont telles qu’on dirait de la dentelle.

Nous découvrons d’autres réalisations en forme d’œuf, faites en pierre, en verre, en bois ou encore en métal. Des œufs de Fabergé aussi, et pour la blague, des œufs Kinder. Nous avons vraiment apprécié ce petit musée atypique, si jamais vous visitez la Bucovine, nous vous le conseillons vivement.


La tournée des monastères peints de Bucovine

Si l’envie vous prend de rentrer dans les ordres et d’intégrer un monastère, vous aurez l’embarras du choix en Roumanie. Mais si vous souhaitez vous retirer dans un endroit chargé d’histoire et d’une grande beauté architecturale, je ne saurai vous conseiller que l’un des monastères peints de Bucovine. Construits aux XVeme et XVIeme siècle, ces monastères aujourd’hui classés au patrimoine de l’UNESCO, ont la particularité d’être recouverts de fresques colorées sur leurs façades extérieures. Après la tournée des églises en bois du Maramures, let’s go pour la tournée des monastères peints de Bucovine.

Le premier que nous visitons est le monastère de Moldovita. Au sein d’une enceinte fortifiée, un grand jardin, quelques bâtiments d’habitation, et au centre, l’Eglise avec ses fresques extérieures. Elles ressemblent à des cases de bandes dessinées avec toutes sortes de scènes assez particulières parfois… A l’intérieur, les gens font la queue pour aller faire le signe de croix (⬆️⬇️➡️⬅️) de nombreuses fois face à des icônes et pour les embrasser (pas très Covid!).

Nous continuons avec le monastère de Sucevița dont les peintures extérieures sont les mieux conservées. On observe le même genre de scènes dans les cases de BD mais aussi de grandes fresques comme celle représentant la lutte du bien contre le mal avec des anges combattants des démons.

Nous visitons ensuite les monastères de Voronet, Arbore et Dragormina. Voronet présente une remarquable fresque du jugement dernier dont la couleur bleue a été obtenue à l’aide de lapis lazuli, ce bleu particulier est d’ailleurs connu dans le monde de l’art comme le « bleu de Voronet ». Arbore est désert, il semble abandonné et n’est pas en bon état, comme les autres on y trouve aussi des scènes très joyeuses… Et nous finissons par le monastère de Dragormina qui lui n’est pas peint mais vaut le coup d’œil notamment pour sa tour superbement sculptée. Ces endroits ont beau être assez touristiques, il y règne une ambiance paisible appréciable. Les moines et les nonnes dans leurs sombres habits vont et viennent et vaquent à leurs occupations. On se pose sur un banc, on admire les vieilles peintures et on observe les fidèles pratiquer leur petit rituel.


La forteresse de Suceava

Notre tournée des monastères étant terminée, nous allons quitter la région, mais avant cela, nous nous rendons jusqu’à la ville de Suceava afin de visiter sa forteresse. Malheureusement nous arrivons trop tard et celle ci est déjà fermée. Mais nous ne sommes pas totalement venus pour rien, il y avait un œuf géant sur le parking…

Profitons en pour rouler un peu, la route est longue jusqu’à notre prochaine destination : le delta du Danube.

Roumanie : La Transfăgărășan et le Maramures

La Transfăgărășan

Qu’est ce qu’il peut bien y avoir derrière ce nom ? Transfăgărășan. Et bien il s’agit d’une route qui passe à travers les Monts Făgăraș (d’où son nom), en Transylvanie.

Mais qu’a donc de particulier cette route pour que j’en parle ? Et bien, en plus d’être jolie, elle a une histoire. C’est Nicolas Ceausescu (encore lui) qui l’a faite construire suite à l’invasion de la Tchécoslovaquie par l’URSS en 1968. Il voulait assurer une intervention militaire à travers les montagnes des Carpates au cas où l’URSS aurait des vues sur la Roumanie. Sa construction a nécessité d’importants moyens matériels mais à surtout coûté la vie à de nombreux hommes, officiellement 40, mais officieusement ce sont plusieurs centaines.

Fermée entre octobre et juin à cause de la neige, cette route est maintenant surtout empruntée par les touristes. Très appréciée par les motards et les amateurs de routes scéniques, elle est considérée comme une des plus belles du monde et c’est ce qui nous convainc de l’emprunter pour rejoindre le Maramures, bien que cela allonge légèrement notre temps de trajet.

Le premier tiers de la route est assez facile, la pente n’est pas trop raide et il y a peu de virages dangereux. Nous traversons des poches de forêts, nous faisons toujours attention en voiture, et surtout dans les forêts car des animaux peuvent s’y trouver. Et ça n’y manque pas ! Mais ce n’est pas un chien errant que nous voyons, ni une biche ou un sanglier, c’est un ours ! Un bel ours qu’on pourrait prendre pour un panda au vu des marques autour de ses yeux. Nous nous arrêtons pour un petit shooting photo, et voilà qu’un deuxième ours sort sa tête. Photo, photo, photo !

Bon aller on repart, c’est pas tout ça mais c’est qu’on a encore pas de mal de route à… « Oh regarde encore un ours ici !!! ». Photo, photo, photo !

Allez on y retour… « Oh putain ! Y’a une maman avec ses deux oursons ! Regarde, ils font la bagarre c’est trop mignon ! »

C’était les derniers nounours, nous reprenons la route une bonne fois pour toutes. Nous parcourons quelques kilomètres et ça y est, nous sommes dans la partie sinueuse qui grimpe pas mal. La voiture crie un peu mais elle y arrive. Par contre la météo commence à se gâter et le soleil ne va pas tarder à se coucher, il est temps de s’arrêter pour la nuit.

Au petit matin, nous recevons un message étrange sur nos téléphones.

Un petit coup de Google Traduction pour être sûr, mais je pense que vous aussi avez compris. C’est pour nous signaler la présence d’un ours à proximité ! Heureusement nous n’avons qu’une dizaine de mètres à parcourir dehors pour rejoindre la voiture. La météo est meilleure ce matin, un peu de brouillard par endroit mais rien de très gênant. Nous prenons les innombrables virages et épingles à cheveux, faisons quelques arrêts photos, et roulons jusqu’à ce que nous arrivions dans un long tunnel. A sa sortie, c’est la mauvaise surprise : du brouillard, du brouillard et encore du brouillard. Tellement épais qu’on ne voit pas à 10 mètres. Fini d’apprécier la jolie route et les beaux panoramas, nous redescendons prudemment et quittons la Transfăgărășan plusieurs kilomètres plus loin.


Le Maramures (la revanche)

Et nous voici de retour dans le Maramures, prêts à prendre notre revanche suite à notre vilain échec (faute d’anticipation, faute de covid et faute de pas envie de claquer trop d’argent).

Le Maramures (à prononcer « Maramourèche » je vous rappelle), est une région très rurale. Nous traversons plusieurs petits villages, nous y voyons régulièrement des paysans se déplaçant dans des charrettes tirées par des chevaux. Dans les champs qui sont travaillés manuellement, nous sommes intrigués par ces gros tas de foin accrochés à des grands pieux en bois. Nous nous arrêtons régulièrement pour prendre les maisons en photo, certaines nous rappellent ce que nous avons pu voir dans les musées en plein air de Sibiu et Bucarest, et d’autres sont plus modernes. Mais ce qui nous marque le plus, ce sont ces imposants portails en bois qu’ont certaines résidences. Ils sont superbement sculptés avec des motifs géométriques, des torsades, des fleurs, des animaux… Ils étaient auparavant réservés aux nobles et aux fermiers libres, ils sont maintenant un signe de richesse assez ostentatoire mais ils font partie de l’identité de la région, et sont très agréables à voir.


La tournée des églises en bois

En Roumanie, et en particulier dans le Maramures, on peut trouver des églises entièrement construites en bois. La première raison est que les autorités hongroises catholiques qui régnaient il y a plusieurs siècles, interdisaient aux orthodoxes de construire des églises en pierre. La seconde raison est l’abondance de bois de qualité dans la région. Du coup, les architectes locaux sont devenus expert en construction d’églises en bois, ils en ont construit plusieurs centaines entre le XVIIème et le XIXème siècle. Une centaine de ses vieilles églises existe toujours, dont huit sont classées au patrimoine de l’UNESCO. Nous nous lançons dans une petite tournée pour aller en voir quelques unes.

Nous commençons par l’église de Surdesti. De l’extérieur, on dirait une grosse maison en bois assez sombre surmontée d’un clocher. Nous nous dirigeons vers la porte d’entrée mais celle ci est fermée. Une petite affiche explique que nous devons appeler un numéro de téléphone pour entrer. Nous appelons, la personne au bout du fil ne parle pas anglais, mais grâce à Google Traduction nous expliquons dans un roumain approximatif que nous souhaitons visiter l’église. Quelques minutes plus tard une personne arrive et ouvre la porte à l’aide d’une grande clé. Nous lui payons quelques leis et entrons. Comme dans les églises orthodoxes récentes, toutes les parois sont recouvertes de peintures. Elles sont abîmées par le temps mais on voit très bien ce qu’elles représentent : des anges, des démons, des saints, l’enfer… C’est assez petit à l’intérieur et le sol est recouvert de tapis, ça donne un aspect très intimiste, bien différent des grandes églises et cathédrales aux dimensions démesurées qu’on a pu voir avant !

Nous allons ensuite visiter l’église de Budesti, elle est entourée d’un cimetière où les sépultures paraîtraient très fantaisistes si on les trouvaient en France ! Encore une fois nous devons appeler un numéro pour qu’on vienne nous ouvrir. Et nous sommes encore seuls à visiter, une des rares conséquences positives du covid (du moins pour nous). On retrouve la même ambiance, les peintures murales, les icônes, les tapis…

Notre tournée se poursuit avec les églises de Leud et Poienîe Izei. Bon, on va être honnêtes, elles se ressemblent plus ou moins, mais ça aurait quand même été bête de passer à côté sans aller les voir.


Le cimetière joyeux de Săpânța

Nous sommes maintenant tout au nord du pays, à quelques centaines de mètres de la frontière avec l’Ukraine. Dans le village de Săpânța se trouve un cimetière pas comme les autres : le cimetière joyeux. Dans cet endroit atypique, les sépultures ont un style très original, chacune des stèles est décorée de mosaïques colorées, et un dessin vient illustrer un aspect de la vie de la personne défunte, souvent son métier, une passion ou bien une scène de la vie quotidienne. Un petit poème, souvent humoristique accompagne le dessin. C’était en 1935 qu’un artisan local, Stan Loan Patras, a pris l’initiative de créer ces joyeuses sépultures allant ainsi à l’encontre de l’Église pour laquelle la mort doit être un moment dramatique et solennel. Et je dois dire que j’adhère totalement à cette philosophie, lorsque je serai mort, j’aimerai qu’on célèbre davantage le fait que j’ai vécu une belle vie plutôt que l’on pleure ma disparition. Et je n’ai pas encore d’idée précise pour mon épitaphe, mais par pitié évitez de mettre « à notre regretté frère/cousin/tonton/ami« , mettez plutôt un truc du genre « il aimait sa famille, ses amis, les voyages, les jeux vidéo, le chocolat et les pandas« . Et pourquoi pas un QR code avec un lien vers ma biographie et mes blogs de voyage ! 😁

Bref, on a visité un cimetière joyeux.

Nous restons encore un peu à Sapanta pour aller voir son monastère dont l’église peut se vanter d’être la plus haute structure en bois au monde ! Ni plus ni moins que 78 mètres de hauteur. Comme toutes les églises en bois qu’on a vues, la toiture est faite de milliers de petites tuiles, ça doit être un travail considérable de réaliser ça ! Ici vivent des moines et des nonnes dont les habits noirs et sobres (pour ne pas dire austères) contrastent vraiment avec l’exubérance des bâtiments !


Le monastère de Barsana

Avant de quitter le Maramures et de prendre la route de la Bucovine, nous nous rendons au monastère de Barsana. A peine arrivés, nous sommes saisis par la beauté des lieux. Un grand espace verdoyant avec de beaux massifs de fleurs, et de magnifiques édifices en bois, église, clocher, habitations… D’un point de vue architectural, tout semble parfait et harmonieux, c’est saisissant !

En fait, ce monastère tel qu’il existe aujourd’hui est très récent. Il a été construit dans les années 90, mais déjà au XVème siècle, il y avait sur ce site, un monastère qui n’a pas survécu au temps et aux guerres.

Il y a beau y avoir pas mal de touristes ici, l’ambiance est très paisible, des haut-parleurs diffusent de douces prières, il fait bon, le ciel est bleu. On s’assoit sur un banc et on apprécie ces instants de tranquillité. On s’imagine ce que peut être la vie en tant que moine ici, et on se dit qu’on pourrait très bien passer quelques jours au calme dans un endroit de ce genre. Il y a d’autres monastères moins touristiques dans la région, alors pourquoi pas faire une petite retraite spirituelle, se reposer et méditer sur le sens de la vie et faire une introspection…?

Euh oui, mais non en fait, on a une location de voiture qui tourne, et puis c’est bientôt la fin de l’été, il va pas faire beau comme ça éternellement. D’ailleurs il est temps de partir, on dit la revedere au Maramures et on met le cap sur la Bucovine !

Roumanie : Bucarest, part 3

Le Musée d’Histoire de la Communauté juive roumaine

Les branches de mon arbre généalogique sont juives et tunisiennes d’un côté et chrétiennes et françaises (Bretagne) de l’autre côté. Je ne suis pas quelqu’un de très croyant, mais la religion juive fait partie de ma culture et l’histoire du peuple juif me touche particulièrement.

Avant la seconde guerre mondiale, 750 000 juifs vivaient en Roumanie. Ils représentaient une des plus grandes communautés juives d’Europe. Le régime fasciste d’Antonescu, l’alliance avec les nazis et la Shoah ont fait baisser ce nombre à 350 000. Par la suite, sous le régime communiste, beaucoup décident de quitter le pays et émigrent principalement vers Israël, la France et les États-Unis. D’année en année, la communauté juive du pays disparaît de plus en plus. Par manque de fidèles, les synagogues sont abandonnées, certaines tombent en ruines, d’autres sont pillées ou démolies. Parmi celles qui existent toujours se trouve la synagogue de Bucarest qui a été convertie en un musée afin de conserver le patrimoine historique et culturel de la communauté juive de Roumanie qui a quasiment totalement disparu aujourd’hui, 3 200 personnes au dernier recensement.

Après avoir montré nos passeports et fait contrôler nos sacs, nous pouvons entrer dans la synagogue. L’intérieur est très jolie, il y a des colonnes, des dorures et de beaux motifs peints sur les murs, un peu chargé mais ça paraîtrait presque sobre face aux églises orthodoxes qu’on s’est habitués à voir ici. Le musée expose des objets religieux et de la vie quotidienne. Des panneaux et des cartes racontent l’évolution et la disparition de la communauté comme je viens de vous résumer.


Musée du Village Roumain

Dernière visite à Bucarest avant de prendre la route en voiture. Nous nous rendons vers le nord de la ville au « Musée du Village Roumain », un musée en plein air dédié à la vie rurale. Comme au musée Astra de Sibiu, nous découvrons ici d’anciennes maisons, églises et moulins. Chaque maison est présentée avec son histoire et son lieu d’origine. Beaucoup datent du XIXème siècle, et certaines du XVIIIème, il y a même une église vieille de 300 ans.


Et il est temps de quitter Bucarest, nous y avons passé un petit plus de temps que prévu, mais ça a été un plaisir de découvrir cette ville, son histoire et ses monuments particuliers. Nous nous rendons à l’agence de location de voitures pour récupérer le véhicule. Damien connaissant bien les pratiques du métier, il a bien pris soin de prendre une carte de crédit et non de débit. On a pas vraiment l’habitude de faire attention à ce genre de détails mais dans certains pays, si vous n’avez pas la carte de crédit, les loueurs vous obligent à prendre une assurance supplémentaire au coût souvent élevé, et c’est le cas en Roumanie. Le loueur essaye néanmoins de nous faire prendre cette assurance en nous faisant peur 😨 en nous parlant des routes dangereuses du pays, mais nous savons que nous serons bien couverts par l’assurance de la carte en cas de pépin. Ça fait partie des choses utiles à savoir lorsqu’on part en voyage ! On fera évidemment bien attention lorsque nous conduirons notre super bolide made in Roumanie, une Dacia Logan blanche.

Tiens et au passage, vous vous rappelez du peuple qui occupait la Roumanie avant que les romains ne conquièrent le territoire ? C’était les Daces ! …Dacia…Daces… et oui, c’est de là que vient le nom de la marque.

Roumanie : Bucarest, part 2

Après avoir découvert la ville de l’extérieur, allons donc faire quelques visites maintenant. Nous avons l’embarras du choix mais si il y a bien une chose qu’on ne peut pas rater, c’est l’improbable Palais du Parlement, bâtiment emblématique de la mégalomanie de Ceausescu. Mais avant cela, allons faire un tour au musée d’histoire.


Muzeul Național de Istorie a României

Au Musée National d’Histoire, nous commençons par une exposition temporaire sur la seconde guerre mondiale. Entre uniformes, armes et divers objets et documents historiques, de nombreux panneaux nous racontent le rôle de la Roumanie durant la seconde guerre. Vous saviez qu’au début, le pays avait rejoint l’Allemagne nazi ? C’était sous l’autorité du maréchal Ion Antonescu (le maréchal Pétain local), il avait instauré un régime fasciste et est responsable de la déportation de plus de 400 000 juifs et tsiganes du pays. Mais Antonescu finit par être destitué et arrêté sous ordre du roi de Roumanie et le pays change alors de camps pour rejoindre les Alliés. D’après les historiens, ce revirement de situation aurait permis d’accélérer la fin de la seconde guerre mondiale de six mois.

La seconde partie que nous visitons expose une collection de bijoux anciens, pour beaucoup provenant de l’époque des Daces. Nous pouvons aussi admirer de somptueuses couronnes et bijoux royaux.

Et le dernier voyage dans le passé se fait avec la pièce la plus importante du musée qui est une reproduction de la Colonne Trajane, un monument qui a été érigé à Rome dans le Forum Romain, en l’honneur de l’empereur Trajan pour commémorer sa victoire sur les Daces. Mais quel est le rapport avec la Roumanie me direz vous ? Et bien le rapport, c’est que les Daces, c’est le peuple qui occupait le territoire actuel de la Roumanie il y a 2000 ans, et c’est suite à la victoire de l’empereur Trajan que ce territoire est devenu une province de l’empire romain.

L’héritage le plus évident de ce passé romain est déjà le nom du pays, ça semble évident maintenant mais on y avait jamais pensé. Et le second héritage est la langue roumaine, en effet, comme le français, l’italien, l’espagnol et le portugais, le roumain est une langue latine, ce qui fait figure d’exception dans l’est de l’Europe, et on parle d’îlot de latinité dans une mer slave. Et ça explique donc pourquoi il y a beaucoup de choses écrites que nous arrivons à comprendre, bon par contre on ne pige vraiment rien quand on entend parler roumain.

La colonne Trajane originale à Rome
Un exemple de mots roumains faciles à comprendre

Le Palais du Parlement

Allez promis j’arrête avec le blabla historique après cette partie, mais je ne peux pas parler du Palais du Parlement sans raconter son histoire et quelques anecdotes.

Donc pour rappel, après la seconde guerre mondiale, la Roumanie est passée sous un régime communiste. En 1965, Nicolae Ceausescu accède au pouvoir. Durant ses premières années, il n’est pas considéré comme un dictateur, son action politique va permettre de développer le pays et il est apprécié par la population roumaine. Il a également une assez bonne réputation à l’international grâce à une politique étrangère pacifique. Il a d’ailleurs reçu la visite du Général de Gaule et même celle du président américain Richard Nixon. Mais rapidement son régime va se durcir et sa politique teintée de mégalomanie va rendre la vie de plus en plus difficile pour la population. L’exemple le plus parlant est la construction du Palais du Parlement.

Au début des années 80, souhaitant montrer au monde la grandeur de la Roumanie et assouvir sa mégalomanie en s’offrant le plus grand bâtiment du monde, Ceausescu décide de lancer la construction du Palais du Parlement, au cœur de Bucarest. Pour cela, il fait détruire des quartiers entiers, des dizaines d’églises et des milliers de maisons. Pour montrer la puissance et la richesse du pays, absolument tous les matériaux utilisés sont extraits du pays, 1 millions de mètres cubes de marbre aurait été extrait en Transylvanie. 600 architectes, 40 000 ouvriers y travaillent pendant 5 ans. 40% du PIB du pays est dépensé pour financer les travaux alors que la population est soumise à des rationnements. Mais en 1989, c’est la chute du mur de Berlin et l’effondrement des régimes communistes d’Europe de l’Est. Ceausescu qui est alors en fuite avec sa femme est arrêté, et très vite, il est décidé de les fusiller. Il n’aura pas eu l’occasion de régner depuis le Palais du Parlement qui n’est pas encore fini, et ne le sera d’ailleurs jamais.

Nicolae et Elena Ceausescu

Nous voici donc en route pour aller visiter ce lieu atypique. Nous prenons le bus et descendons à proximité de l’entrée. Mais dès que nous mettons un pas à l’intérieur, un policier nous arrête pour nous signaler que nous ne sommes pas à la bonne entrée pour les visites, et que nous devons aller à opposé du bâtiment. Heureusement qu’on avait pris un peu d’avance car les visites guidées sont à heure fixe et nous avons déjà réservé notre billet. Pas de bus disponible pour atteindre l’autre côté rapidement, tant pis on y va à pied ! Sauf que le Palais est tellement immense que même en nous pressant, nous mettons une vingtaine de minutes pour atteindre l’autre entrée ! C’est donc tout transpirant que nous nous présentons à l’accueil pour les touristes et que nous commençons la visite.

Après quelques contrôles de sécurité, le guide nous emmène de salle en salle tout en nous racontant l’histoire du Palais et en nous livrant quelques chiffres et anecdotes.

270 mètres sur 240, 86 mètres de hauteur, plus de 1 000 pièces, 12 étages et 8 niveaux en sous sol, 350 000 mètres carrés de surface habitable. C’est le plus grand bâtiment d’Europe et le deuxième au monde après le Pentagone. Ceausescu voulait l’appeler la « Maison du Peuple », ce qui semble quand même peu approprié vu les souffrances que sa construction a fait endurer au pays. Après la chute du dictateur, afin que tout l’argent dépensé et les sacrifices réalisés n’aient pas été en vain, il a été décidé de terminer partiellement sa construction, de l’utiliser pour abriter le Parlement, le Sénat et de nombreuses administrations, et il a été baptisé le Palais du Parlement.

A l’intérieur, il ne faut pas attendre longtemps pour se rendre compte de la mégalomanie de Ceausescu, ce n’est pas forcément très beau mais les espaces sont immenses, du marbre partout, des lustres par centaines, des rideaux de 60 mètres traversant plusieurs étages ! (les plus grands rideaux du monde en fait). Il y a une salle de concert, des dizaines de salles de réception, de salles de conférences, et des centaines de bureaux. Nous montons des escaliers, passons par quelques pièces et arrivons sur une terrasse qui donne sur la grande Place de la Constitution et le long boulevard Unirii. Cultivant le culte de la personnalité, Ceausescu adorait donner de grand discours en dominant la foule. Ayant été destitué et fusillé avant la fin des travaux, il n’a jamais eu l’occasion de s’adresser au peuple depuis cette terrasse. La guide nous demande si nous savons qui est la première personne à s’y être tenue face à une foule immense. Au hasard, je sors la première personne qui me vient à l’esprit : Michael Jackson ! Et bien vous savez quoi ? C’était bien lui ! Et pour la petite anecdote, au moment de saluer tout le monde, il a lancé un « Hello Budapest ! » confondant Bucarest avec la capitale de la Hongrie. Bravo Mickael ! 😆

Avant de nous dire au revoir, le guide nous annonce que pendant les 2 heures de la visite nous avons marcher 3 kilomètres et parcouru seulement 5% de la totalité du bâtiment !

En sortant de Palais, nous prenons la direction du boulevard Unirii sur lequel se trouve le plus grand système de fontaines du monde, 1km et demi de long ! Encore une lubie du dictateur mégalo. Depuis quelques années, un spectacle son et lumière a lieu sur ces fontaines, nous pensons naïvement que du fait que ce soit en extérieur, il aurait bien lieu, mais non il est annulé jusqu’à nouvel ordre à cause de ce put*** de Covid. 🤯

Roumanie : Bucarest, part 1

Après le trajet infernal en train et un bon repos, nous voici remis d’aplomb pour visiter la capitale de la Roumanie : Bucarest.

Un peu d’histoire

Pour commencer notre découverte de Bucarest, nous décidons de participer à un « Free Walking Tour ». Le principe est simple, une visite guidée à pied pour découvrir la ville, qui de base est gratuite, mais tout le monde laisse un pourboire au guide à la fin. Nous choisissons le tour de l’association BTrip, et nous sommes ravis, c’est comme un bon cours d’histoire en pleine immersion avec plein d’anecdotes intéressantes, cela nous permet d’en apprendre beaucoup sur le pays et Bucarest. Nous retenons que le pays a beaucoup souffert des guerres, qu’il a été sous la domination austro-hongroise, sous la domination ottomane et sous l’influence soviétique. Ce n’est qu’en 1877 que la Roumanie a pu proclamer son indépendance. Après la 2nde guerre mondiale, elle a connu un régime communiste très difficile, particulièrement sous la dictature de Nicolae Ceausescu. Pour ce qui est de Bucarest, c’est au XVIeme siècle qu’elle est devenue la capitale. Beaucoup de ses bâtiments ont été inspirés par l’architecture parisienne, ce qui lui a valu au début XXeme siècle d’être surnommée « Le Petit Paris« . Son centre historique a miraculeusement échappé à la folie destructrice de Nicolae Ceausescu mais pas tout le reste de la ville, ce qui fait qu’on peut voir des bâtiments de style communiste à côté d’immeuble d’inspiration Hausmannienne.


Le Petit Paris

Voilà pour la petite partie histoire, maintenant, voyons à quoi ressemble Bucarest. Nous passons dans le centre historique (LE quartier des bars et restaurants) au sein duquel se trouve la très belle église du monastère de Stavropoleos, puis nous empruntons le passage de Villacrosse où se trouvent les bars à chichas et nous arrivons sur Calea Victoriei, une très grande avenue où se côtoient les bâtiments d’architecture classique, communiste, moderne, musées et monuments historiques. L’avenue nous amène jusqu’à la Place de la Révolution où est érigé le Mémorial de la Renaissance en hommage aux victimes de la révolution de 1989. Il ne semble pas très surprenant qu’il ne fasse pas l’unanimité auprès des habitants, il est d’ailleurs surnommé « la patate sur un bâton » ou « l’olive sur un cure-dent ».

Comme vous pouvez le constater, l’architecture est bien inspirée de Paris, beaucoup de bâtiments ont d’ailleurs été construits par des architectes français. Et certains sont quasiment des reproductions des monuments parisiens, comme la banque CEC (Petit Palais), le magnifique Athénée roumain (la Rotonde) et l’Arc de Triomphe. L’hommage à la France va d’ailleurs jusqu’à avoir une statue du Général de Gaules !


Top Chef Roumanie

Ça creuse de marcher toute la journée, nous profitons de notre temps libre ici pour aller au restaurant et goûter aux spécialités roumaines. Alors autant vous dire tout de suite, si vous êtes végétarien, ça risque d’être un peu compliqué pour vous. La viande est très présente dans la gastronomie roumaine mais vous pourrez quand même vous régalez avec la salata de vinete, une délicieuse purée d’aubergine cuite au four. Vous pourrez aussi vous remplir l’estomac avec de la mamaliga, une polenta très consistante qui constitue la garniture la plus répandue.

Ce soir, nous goûtons aux ciorbas, des soupes avec de la viande ou du poisson, agrémentées de bors, un condiment obtenu par fermentation de son de blé, c’est un peu aigre mais c’est très bon !

Nous testons aussi le plat national : le sarmale. Ce sont des feuilles de chou bouillies farcies à la viande. N’étant pas fan de chou cuit, j’appréhende un peu, mais au final je me régale 😋

Pour le dessert, nous découvrons le papanasi, deux bons gros beignets nappés de fromage blanc et recouvert de confiture de cerises. C’est très bon et très généreux, un peu lourd en fin de repas mais comme je dis toujours « j’ai mon deuxième estomac pour les desserts ! »

Bon ap !

Daria

En voyage, on a l’occasion de rencontrer du monde, mais il y a certaines rencontres qui marquent plus que d’autres. Daria, c’est une jeune étudiante qui partage la même chambre que nous à l’auberge de jeunesse. Nous allons boire un verre ensemble, nous faisons connaissance et discutons. Nous l’écoutons parler de sa vie en Roumanie, elle nous donne des conseils pour notre voyage, nous sentons combien elle aime son pays mais elle exprime aussi beaucoup de colère envers tout ce qui ne va pas ici. Les routes en mauvais état, le réseau de train archaïque, les bâtiments en ruines, les bas salaires… et surtout la corruption. Des politiciens aux médecins en passant par le garagiste, la corruption et les pots de vin sont omniprésents, sombre héritage de l’ère communiste lorsqu’il fallait payer pour survivre. D’après Daria, pour construire une route ici, il faudrait 3 ou 4 fois le montant réel nécessaire tellement il faut arroser tout le monde au passage ! Mais comme de nombreux jeunes n’ayant pas connu le communisme et n’acceptant pas ce système, elle ne perd pas espoir de voir les choses s’arranger. Le genre de discussion qui permet de relativiser sa propre situation dans un pays comme la France.

Bon trêve de blabla, on ne va pas refaire le monde toute la nuit, on est aussi là pour s’amuser. Alors direction boîte de nuit tous ensemble pour aller faire la fête au son de pop roumaine et internationale. 💃🕺

Roumanie : Le Maramures

En voyage, tout ne se passe malheureusement pas comme prévu, un vol annulé, un pneu qui crève, un objet important perdu, un accident… on est jamais à l’abri de quoi que ce soit qui pourrait contrecarrer nos plans. Pour nous, cela va avoir lieu lors de notre passage dans le Maramures, où nous allons vivre le premier gros fail de notre voyage.


L’enfer des trains roumains

Pour atteindre le Maramures, cette région située tout au nord ouest de la Roumanie, nous prenons encore le train. Nous savons qu’il existe des compagnies de navettes en minibus pour effectuer ces trajets, mais leur fonctionnement ne nous convient pas vraiment, pas de gare routière, peu de trajets et de places disponibles, pas de réservation par internet, uniquement par téléphone… nos quelques tentatives de voyager via ces navettes ont toutes été un échec. Du coup, nous prenons au petit matin, un premier train pour Cluj-Napoca, il n’est pas climatisé et en plein été, c’est la fournaise à l’intérieur. Et que c’est lent, mais quand je dis lent c’est vraiment lent ! On aurait largement le temps de compter les brins d’herbe dans les champs qui défilent tellement le train n’avance pas ! 4h pour atteindre Cluj alors que ce n’est qu’à une centaine de kilomètres de notre point de départ ! A la gare, nous attendons 2h que notre second train arrive. Le voici, il a l’air assez récent, il ressemble un peu aux TER qu’on peut avoir en France. On espère qu’il sera plus rapide celui là. Ahahahaahh la bonne blague, on peut espérer longtemps ! Non seulement il est aussi très lent mais il y a de nombreux arrêts prévus… et beaucoup d’autres d’imprévus ! Plusieurs fois lors de ces arrêts nous voyons le conducteur sortir en courant de sa cabine pour traverser le train, ca sent un peu le cramé aussi… pas très rassurant, mais nous repartons à chaque fois. Le summum est atteint lorsque le conducteur arrête le train et sort une nouvelle fois en courant mais avec un extincteur cette fois ci ! What the fuck !?! Allons nous finir par arriver en un seul morceau ?! Le conducteur s’arrête encore plusieurs fois et descend du train pour aller asperger quelque chose avec l’extincteur. Il n’y a pas de fumée mais toujours cette odeur de cramé, on suppose que c’est « juste » quelque chose en surchauffe qui nécessite d’être refroidi. Nous finissons par arriver à Baia Mare avec presque 2h de retard, il est 22h30, il n’y a plus de bus à cette heure ci et l’hébergement que nous avons réservé est à 1/2h à pied. Heureusement, la femme chez qui nous avons réservé vient nous chercher en voiture, on peut lui dire un grand merci, après une telle journée dans l’enfer des trains roumains, c’est fort appréciable !

De Sighisoara à Baia Mare en train 😵‍💫👈
🔥😱🧯

Baia Mare

Avec un nom comme Baia Mare, on pourrait imaginer une station balnéaire dans une baie tranquille, la plage, les cocotiers… mais il n’en est rien. Baia Mare signifie « la grande mine », la région du Maramures (à prononcer « Maramurèche » au fait) est en effet très riche en minerais. Or, cuivre, plomb… ont longtemps fait vivre la ville mais l’industrie minière a presque disparu ici depuis une trentaine d’année maintenant. Mais ce qui nous amène ici, ce ne sont pas particulièrement les villes mais plutôt la campagne du Maramures. Entre champs encore labourés à l’aide d’animaux, villages pittoresques, églises séculaires en bois… visiter cette région serait comme voyager dans le temps d’après notre guide touristique. On a hâte d’aller voir ça, reste à trouver par quels moyens, transports publics, location de voiture, tour organisé ? Nous allons étudier ça. En attendant, allons tout de même visiter Baia Mare.

Quelques jolies maisons, des immeubles à l’architecture originale, des églises et une grande cathédrale, non une immense cathédrale en fait. Elle n’est pas finie d’être construite, il y a encore des échafaudages, des matériaux et des tas de gravats mais on peut quand même y entrer par son sous sol. Nous allons jeter un œil, ça doit être le lieu de prière temporaire en attendant que tous les travaux soient finis. Je vois une porte ouverte derrière laquelle se trouve des escaliers. Curieux, je décide d’y monter et je me retrouve dans la partie en construction, il y a encore beaucoup de travail ! Je me demande combien de temps cela va bien pouvoir prendre quand on sait que tout sera entièrement peint.

Nous continuons notre visite en montant en haut de la tour de Stefan. En plus d’y avoir une jolie vue, nous pouvons observer le mécanisme complexe de l’horloge installée dans la tour.

La tour de Stefan

Et nous profitons aussi de ce tour en ville pour nous renseigner et organiser notre visite de la campagne du Maramures. Nous allons à l’office de tourisme, dans des agences de voyage et consultons les loueurs de voitures. Problème, il n’y a apparemment pas de transport publics permettant de se déplacer convenablement dans la campagne, les locations de voiture sont hors de prix et à cause du covid, il n’y a presque plus de guides en activité donc pas de tours organisés, on nous propose seulement une visite privée à un prix prohibitif. Mince. Nous passons la soirée à chercher une solution, prendre le tour privé ? Louer une voiture dans une plus grande ville où ça sera moins cher ? Laisser tomber ?

Et c’est avec regret que nous décidons de laisser tomber… pour le moment. Nous allons faire quelque chose d’un peu tordu mais qui au final nous permettra de visiter le pays dans de meilleures conditions : nous allons louer une voiture, mais à Bucarest et au 1er Septembre. Pourquoi ? Et bien parce que là bas, les prix à partir de cette date deviennent ridiculement bas. Cela va nous permettre de prendre un véhicule pendant une durée suffisante pour visiter le Maramures, la Bucovine et le delta du Danube. Par contre, ça veut dire qu’on est monté jusque Baia Mare un peu pour rien et ça va nous faire traverser le pays jusque Bucarest pour ensuite remonter. Un peu tordu je vous disais, mais c’est le meilleur compromis qu’on a trouvé !

Nous avons maintenant un peu (beaucoup) de temps à tuer avant de prendre le train pour Bucarest. Nous choisissons donc d’aller visiter le musée de minéralogie où sont exposés des centaines de cristaux provenant de la région. Nous en avions déjà vu plein de jolis dans un musée à Prague, mais il faut dire qu’ils sont encore plus beaux ici. Et il y a beaucoup de lecture, parfait pour passer le temps.


L’enfer des trains roumains, le retour

Le trajet le plus « rapide » disponible est un train de nuit. Il reste long mais il a l’avantage d’être direct. Nous voulions réserver dans les wagons-lits mais il n’y avait plus place, du coup c’est sur des sièges normaux que nous allons faire ce trajet. 😭 Il n’y a pas trop de monde, on peut chacun avoir deux sièges pour s’allonger et espérer pouvoir dormir un peu. Mais malheureusement le train est très bruyant et à chaque fois que quelqu’un rentre, ouvre la porte pour aller aux toilettes ou dans une autre voiture, ça fait un boucan encore plus monstrueux. Ajoutez à ça les c***ards qui mettent de la musique ou regardent des vidéos sur leur téléphone le son à fond. Je ne sais même plus si j’ai réussi à dormir ne serait ce que quelques minutes. 🥺 C’est donc complètement épuisés que nous arrivons au petit matin à Bucarest. Nous nous rendons à l’auberge de jeunesse où nous avons réservé et nous écroulons de sommeil.

😭

Roumanie : Transylvanie, part 2

Le canyon des sept échelles

Ça fait longtemps qu’on a pas fait une bonne rando, il est temps d’aller prendre l’air un peu. Nous choisissons une randonnée qui nous semble facile d’accès et qui n’aie pas l’air trop difficile (on reste des randonneurs du dimanche). Direction donc le canyon des sept échelles, qui, je vous le donne dans le mille, est un canyon avec sept échelles à monter. Des arbres, des cascades, des ponts en bois et les échelles en métal, ça rappelle un peu Sucha Bela en Slovaquie mais un peu moins long pour ce qui est de la partie avec les échelles. Par contre, pour ce qui est de la suite, ouhlala qu’est ce que ça monte ! D’ailleurs, beaucoup de monde fait demi tour après le canyon, mais nous, nous voulons atteindre le sommet et mettons nos cuisses et nos mollets à l’épreuve pour y parvenir. Notre récompense à l’arrivée, une belle vue bien dégagée sur les montagnes environnantes et notre picnic que nous avions pris soin de préparer avant de partir. C’était sans compter sur ces ânes affamés qui en ont après notre nourriture et nous poursuivent pour nous voler notre repas ! Obligé d’aller se cacher pour pouvoir déguster nos sandwiches tranquillement !


Sighișoara

Encore un p’tit tour en train et nous voilà à Sighișoara, petite ville médiévale transylvanienne au charme incontestable, avec des petites rues pavées et des petites maisons colorées. Malgré les assauts des turcs et les incendies, la ville a très bien été préservée et sur presque tous les murs des bâtiments on voit des plaques indiquant « patrimoine historique ». Le logement que nous avons choisi est d’ailleurs lui aussi classé patrimoine historique, la jeune femme qui le gère nous explique la difficulté à entretenir cette maison car au moindre soucis, elle est obligée de faire appel à de chers artisans ayant des autorisations spéciales, ne serait ce que pour un robinet qui fuit. Ayant subi un dégât des eaux et la longue fermeture à cause de la pandémie, nous sentons son désarroi et nous sommes à la fois touchés et un peu gênés lorsqu’elle nous exprime sa gratitude pour avoir choisi de visiter son pays et d’être venus chez elle. Elle n’est d’ailleurs pas la première à nous remercier pour cela depuis le début de notre voyage, il faut avoir conscience que, contrairement à la France, beaucoup de pays n’ont pu offrir que peu, voire aucune aide financière durant les confinements.

Allons donc visiter cette jolie ville ! Nous disions donc, des rues pavées, des maisons colorées, mais aussi des églises, des tours (comme la très belle tour de l’horloge), et des escaliers, beaucoup d’escaliers car Sighişoara a été construite sur une colline. Au sommet de cette colline, il y a une église, un cimetière et une école. Pour y accéder, nous gravissons les presque 200 marches que montent aussi les écoliers pour aller à l’école. L’escalier a été protégé par un toit et des murs en bois formant un long tunnel préservant les enfants du froid, du soleil et des intempéries depuis 400 ans, ce qui lui vaut d’ailleurs d’avoir été baptisé « l’escaliers des écoliers ». Dans le cimetière, nous remarquons que certaines tombes ont une épitaphe en allemand, comme à Sibiu, ici aussi une partie de la population est germanophone.


Vlad Tepes

Et je vais maintenant conclure ces deux articles sur notre passage en Transylvanie en vous parlant enfin du plus célèbre personnage issu de cette région : Dracula !

Pourquoi seulement maintenant ? Et bien, il s’avère que celui qu’on appelle Dracula, Vlad Basarab de son vrai nom, est né à Sighişoara en 1431, nous sommes d’ailleurs passé devant la maison où il aurait vu le jour. Elle a cependant a été beaucoup modifiée et reconvertie en restaurant depuis.

La maison de Vlad Dracula

Dracula est un vrai personnage historique très important de l’histoire de la Roumanie. Le nom Dracula vient de son père surnommé « Dracul » (le dragon), et Draculea signifiant « le fils du dragon ». Je pense qu’il faudrait beaucoup d’épisodes si jamais on faisait une série sur la vie de ce personnage, mais voici quelques éléments pour savoir comment est née la légende du vampire sanguinaire.

Au XVeme siècle, le Saint empire romain germanique, en particulier l’Autriche et la Hongrie, sont de plus en plus menacées par l’avancée de l’empire ottoman qui a déjà conquit les balkans. La Transylvanie et la Valachie (à prononcer Valaki…), situées entre les deux empires sont le lieu de nombreuses batailles. Entre luttes de pouvoir, alliances et trahisons, Vlad devient le souverain de la Valachie en reprenant le trône qui avait été pris à sa famille auparavant. Partisan d’une alliance avec les dirigeants de l’empire ottoman, il finit par les trahir ce qui provoque sa chute du trône qu’il ne récupérera que 14 ans plus tard peu avant d’être assassiné. Durant toutes les batailles qu’il a menées et ses années de règne, il s’est créé une réputation d’être sans pitié et sanguinaire, n’hésitant pas à faire assassiner quiconque s’opposerait à lui, en tuant ses soldats qui hésiteraient à aller au combat et en faisant empaler ses ennemis pour les exposer aux yeux de tous et ainsi dissuader ceux qui seraient tentés de l’attaquer. Cette réputation lui a valu d’être surnommé Vlad Tepes, Tepes signifiant « l’empaleur ».

Des siècles plus tard, un écrivain du nom de Bram Stoker s’inspire de l’histoire et des légendes entourant Vlad Tepes, pour créer le personnage du comte Dracula, vampire résidant dans un château en Transylvanie et se nourrissant de sang humain. Le livre connaît un certain succès, traverse les années et inspire le cinéma avec de nombreuses adaptations au cours du XXeme siècle, mais également le jeu vidéo avec la série de jeux Castlevania.

Et c’est là dessus que nous allons quitter la Transylvanie pour aller plus au nord dans la région du Maramures. Mais tout ne se passera pas comme prévu…

Roumanie : Transylvanie, part 1

La Transylvanie, qu’on associe souvent à la légende du comte Dracula, a bien plus à offrir que des vampires. C’est une région riche en histoire et en culture avec de nombreuses villes médiévales à visiter et de beaux paysages montagneux à admirer. Je ne vais pas vous copier coller toute sa page Wikipedia, mais en gros, il faut savoir que la Roumanie est divisée en 4 grandes régions, la Transylvanie est la région nord-ouest…

… et elle a la particularité d’être géographiquement séparée du reste du pays par la chaîne montagneuse des Carpates ce qui fait qu’elle a longtemps été sous domination austro-hongroise. Ainsi, de nombreux autrichiens, hongrois, mais aussi d’allemands s’y sont installés au cours de l’histoire. Il en résulte un grand mélange de cultures, de religions, d’architectures mais aussi de langues. On peut parfois y entendre parler hongrois ou allemand, en particulier dans la ville de Sibiu qui est officiellement bilingue roumain/allemand.


Sibiu

Nous voilà donc arrivés dans une des villes les plus allemandes de la Transylvanie : Sibiu. C’est une ambiance très agréable qui règne ici, le cœur historique est vraiment mignon. Il y a la grande place qui accueille en ce moment les voitures d’un rallye. Il y a le « pont des mensonges » sur lequel il ne faudrait surtout pas dire de mensonges en le traversant sous peine de le voir s’écrouler sous ses pieds. Et il y a toutes ces maisons qui nous observent avec leurs yeux sur leur toiture ! Je vous jure on a vraiment l’impression qu’elles nous regardent, on les appellent d’ailleurs « les yeux de Sibiu ». La vrai utilité de ces ouvertures dans les toits est simplement de permettre une ventilation dans les greniers mais c’est plus amusant de faire croire que c’était pour surveiller les gens.

À quelques kilomètres de Sibiu se trouve le Astra Muzeul, un musée à ciel ouvert dans lequel ce qu’on visite, ce sont des maisons entières ! Il y a également des églises et des moulins qui ont été transportés depuis toutes les régions de la Roumanie afin d’être conservées ici. Une immersion dans l’ancien monde rural du pays. On se promène parmi les nombreuses maisons, on y entre jeter un œil en imaginant ce que ça pouvait être que de vivre la dedans avec un confort rudimentaire.

De nombreux artisans venus de différentes régions du pays sont aussi présents. Nous discutons avec une vieille femme venant de Bucovine et qui vend des œufs peints selon la tradition de sa région. Elle nous explique dans un français quasi parfait comment sont réalisées ces petites œuvres d’art. Nous sommes admiratifs face à ce travail minutieux et ne résistons pas à l’envie d’en acheter quelques uns. Mais qu’est ce qui nous prend franchement, voyager avec des œufs dans nos sacs, quelle idée ?! Nous les protégeons bien dans du papier et en les gardant dans une boîte en plastique en espérant qu’ils ne finiront pas le voyage en mille morceaux.


Brașov

Un trajet en train plus tard, nous posons nos sacs à Brașov. Autre ville emblématique de la Transylvanie, beaucoup de touristes s’y rendent car elle facilement accessible depuis Bucarest, la capitale. Brașov est une jolie ville entourée de montagnes, depuis laquelle on peut aller faire de la randonnée et visiter plusieurs châteaux comme le fameux château de Bran qui est présenté comme étant le château de Dracula (spoiler : c’est pas vrai) et le château de Peles. Mais ayant reçu nos doses (et nos rappels) de châteaux en Slovaquie, nous décidons de faire l’impasse sur ceux-là.

Nous avons réservé un hébergement en plein centre de la ville, c’est les vacances d’été et les très nombreux touristes inondent les rues, les restaurants et les bars, on avait encore rien vu de tel depuis le début du voyage. Il faut dire que la ville est vraiment sympa, nous la visitons tranquillement, nous passons par la grande place proche de laquelle se trouve la Biserica Neagra, l’Eglise Noire qui a reçu ce nom après le grand incendie qui dévasta la ville en 1689. Nous faisons le tour des différents bastions de défense de la ville, vestiges des fortifications qui avaient été érigées pour contrer les attaques de l’empire ottoman. Et nous finissons en allant prendre un téléphérique qui nous amène jusqu’au sommet du mont Tâmpa qui surplombe la ville. On aurait pu le faire à pied mais pour être honnête, on avait grave la flemme. Comme à Hollywood, des lettres géantes blanches nous rappellent le nom de la ville, BRASOV (à prononcer BRA-CHOF au fait). Arrivés au pied des lettres, nous restons un peu pour admirer la vue avant de redescendre en ville, à pied cette fois, parce qu’on est un peu flemmard mais faut pas pousser non plus.

Roumanie : Arad et Cluj-Napoca

De Bratislava, nous prenons un bus pour aller jusque Budapest en Hongrie. Mais comme nous avons déjà visité ce pays l’année dernière, nous enchaînons directement avec un autre bus qui nous en emmène jusqu’à la ville d’Arad située à l’ouest de la Roumanie.


Arad

En toute honnêteté, nous n’aurions pas mis cette ville sur notre parcours si elle ne s’était pas imposée par elle même du fait d’être la première grande ville après la frontière. Mais vu que nous y sommes, profitons en pour visiter et nous familiariser avec ce nouveau pays.

Commençons déjà par changer un peu d’argent, ici point d’Euro, la Roumanie fait partie de l’Union Européenne depuis 2007 mais n’a toujours pas adopter l’Euro. La procédure est en cours mais il y a de nombreux critères économiques à respecter et le pays est loin de les atteindre, on parle d’une adoption à l’horizon 2029… donc en attendant on utilise la monnaie roumaine, le « leu » qui en français se traduit par « lion ». On paye donc avec des lions en Roumanie.

Maintenant que nous avons des sous, nous pouvons payer notre ticket de tramway pour nous déplacer. Encore faudrait-il qu’on trouve l’arrêt de tram, nous voyons les rails mais pas de station. Nous demandons à un monsieur qui nous montre un bout de trottoir le long des rails avec des dessins de pas. Ok merci, et pour acheter un billet ? Il nous emmène alors dans une épicerie proche de l’arrêt où nous payons nos billets. Ok merci, et le prochain tram est dans combien de temps ? Il nous montre alors un poteau sur lequel est affiché une feuille A4 avec les horaires. Merci monsieur !!! Bon et bien ça commence bien on va s’amuser pour se déplacer ici !

Nous embarquons à bord du petit tram et nous remarquons qu’à plusieurs reprises, le conducteur descend avec une espèce de grosse barre en métal et remonte à bord après un petit instant. En voyant les différents rails sur la route, nous comprenons que l’aiguillage doit être changé manuellement par le conducteur avec la grosse barre en métal ! On s’imaginait bien qu’il pouvait y avoir un certain retard au niveau des infrastructures de transport dans ce pays mais on ne s’attendait pas à ça !

Pour ce qui est de la ville, beaucoup de bâtiments sont en mauvais état et on voit des grappes de fils électriques pas très esthétiques mais il y a aussi beaucoup de beaux bâtiments bien préservés et on se plaît à se balader dans la ville. Nous visitons la jolie église Saint Antoine de Padou et nous passons par le Parc de la Réconciliation où se trouve une Statue de la Liberté dressée en l’honneur de généraux hongrois exécutés par l’Autriche, et un Arc de Triomphe célébrant la réconciliation entre hongrois et roumains.

Nous sommes donc plutôt content d’avoir pris le temps de visiter la ville, mais nous le sommes encore plus lorsque nous visitons la Cathédrale de la Sainte Trinité. Assez imposante mais plutôt sobre depuis l’extérieur, c’est lorsque nous y entrons que nous nous retrouvons ébahis. L’espace est immense et tous les murs sont peints, c’est comme si il n’y avait pas un seul millimètre carré qui ne serait pas couvert de peinture, il y a de grands lustres, et au fond une sorte de grande paroi dorée, l’iconostase. Je savais que la Roumanie était un pays chrétien orthodoxe, mais j’ignorais tout du style orthodoxe et c’est une sacrée découverte.


Cluj-Napoca

Nous quittons Arad en train pour aller jusque Cluj-Napoca. Pas de TGV ici, le trajet est donc assez lent mais tout se passe bien. Une chose nous surprend cependant, beaucoup de personnes dans le train ne portent pas de masque, à croire qu’ici ce n’est pas obligatoire dans les transports ? Apparemment si, vu que lorsque le contrôleur est passé, des masques sont vite apparus sur les visages de tout le monde ! Mais ils ont aussitôt disparu une fois le contrôleur parti 🤷🏼‍♂️

Cluj-Napoca (Cluj pour les intimes) est la 3ème plus grande ville de Roumanie. Beaucoup d’étudiants y viennent pour ses universités mais aussi pour son grand dynamisme culturel. Nous, nous y venons pour une petite journée de visite. Nous nous promenons en appréciant l’architecture locale et nous arrivons sur la grande place de la ville. Une scène est en train d’y être installée, il va y avoir un grand concert apparemment, du coup ça gâche un peu les photos de la grande Église Saint Michel, mais bon de toute façon elle est en travaux, alors gâchée pour gâchée. Nous poursuivons en allant dans le jardin botanique de la ville, nous sommes en plein été et c’est un festival de fleurs avec de magnifiques roses et de très beaux dahlias.

Il est déjà l’heure de partir, un nouveau trajet en train nous attend.