Nous redoutions un peu de conduire sur des routes en très mauvais état et aussi que les roumains aient une conduite peu prudente. Mais jusque là, tout s’est bien passé. Les routes ne sont pas parfaites, il y a des beaucoup d’animaux morts sur le bas côté et les roumains ne sont pas des modèles de prudence, mais jusque là, ça a été.
Jusque là… car la route que nous empruntons aujourd’hui est une grosse blague. Comme beaucoup d’autres, elle n’a qu’une seule voie + une bande d’arrêt d’urgence qui fait office de moitié de seconde voie. Il faut donc soit rouler en permanence sur la bande d’arrêt d’urgence (cherchez l’erreur…), soit s’y déporter dès que quelqu’un veut nous doubler. Mais surtout, cette route passe par de nombreux villages où la limitation de vitesse est à 50 km/h, sauf que absolument personne ne la respecte ! Nous ralentissons autant qu’on peut mais nous sentons la pression de tous les conducteurs derrière nous, et certains n’hésitent pas à nous doubler en mépris de toutes les règles de sécurité. Des fous ! J’vous jure ils sont comme ça dans leurs bagnoles !

Nous finissons heureusement par arriver sain et sauf à Mahmudia où nous laissons la voiture au parking avant de prendre un bateau qui nous emmène jusque Sfântu Gheorghe.
Sfântu Gheorghe
Sur les 3000 km qu’il parcoure, le Danube passe par 10 pays d’Europe (Allemagne, Autriche, Slovaquie, Hongrie, Croatie, Serbie, Bulgarie, Roumanie, Moldavie et Ukraine). Il visite 4 capitales (Vienne, Bratislava, Budapest et Belgrade), et il finit son voyage en se déversant dans la mer Noire après s’être divisé en de multiples cours d’eau et lacs formant un immense delta dans lequel la nature peut s’épanouir, on y dénombre plus de 300 espèces d’oiseaux ! Au sein des 4150 km2 du delta partagés entre la Roumanie et l’Ukraine, on trouve seulement quelques villes et villages, nous avons choisi de nous rendre à Sfântu Gheorgues qui n’est atteignable que par bateau.



À Sfantu Georges pas de bitume, que du sable, pas de supermarché, pas de distributeur, juste quelques magasins, 2 restaurants, une école et un petit port. Ce petit village à connu sa période de gloire entre 1885 et 1965, années pendant lesquels la pêche à l’esturgeon (pour le caviar) a fait prospérer l’économie. On y a même péché le plus gros spécimen du monde : 886 kilos ! Mais voilà, à force de trop pêcher les esturgeons, et bien maintenant il n’y en a quasiment plus. Résultat : chute de l’économie de la pêche, le village est progressivement abandonné et le nombre d’habitants chute de 5000 personnes à 700 au dernier recensement, et ce ne sont pas les quelques touristes qui viennent ici en ce moment qui vont faire exploser les statistiques ! La première ville étant à plus de 40 km et accessible uniquement par bateau, on est vraiment dans un endroit très tranquille !
Le delta en canoë
L’activité principale est d’aller visiter le delta du Danube sur ses nombreux canaux et d’observer la nature. Pour cela nous partons en canoë pour la journée. Sur les conseils de la dame à qui nous louons l’embarcation, nous prenons la direction d’une lagune au sud du village, une fois la lagune atteinte nous devrons trouver un petit canal pour revenir sur nos pas. Les débuts ne sont pas faciles, on s’égare dans des petits canaux, on doit parfois porter le canoë (il est lourd!), et lorsqu’on rejoins enfin le canal menant à la lagune, on se met à faire des zig zag en permanence sans trop comprendre pourquoi (mais c’était la faute de Damien évidemment 😛). Vraiment, si vous voulez mettre votre couple ou une amitié à l’épreuve, je ne pourrais pas vous conseiller mieux que le canoë.

Nous trouvons finalement le bon rythme et avançons droit tout en croisant quelques grenouilles et quelques oiseaux. 2 heures et demi après notre départ, nous voilà enfin sur la lagune, « un petit tour dessus et on prendra le canal pour le retour », c’est ce qu’on s’était dit… Sauf que, cette lagune qui n’apparaissait que comme une vaste étendue d’eau sur Google Maps est en fait envahie de roseaux et de nénuphars. Du coup, trouver le chemin pour atteindre ce fichu canal de retour n’est pas une mince affaire : 1h30 pour y arriver ! 🤯
Voilà 4 heures que nous sommes partis maintenant et nous n’avons toujours pas trouvé quelque part où nous poser. Nous apercevons un endroit où les roseaux sont couchés et où il semble qu’on puisse débarquer. Nous décidons d’y aller pour nous reposer un peu et manger un morceau. Mais les moustiques ne sont apparemment pas d’accord avec ça, à peine nous posons le pied sur la terre ferme que ces créatures du diable nous assaillent et ne nous laissent aucun répit. Juste le temps d’engloutir une banane, de faire un petit pissou et nous nous avouons vaincus. Nous sautons dans notre bateau et repartons illico.
Ce qui devait être une sympathique ballade en canoë commence à devenir un vrai calvaire. Et c’est qu’il faut maintenant revenir à Sfantu Gheorghes, on en a au moins pour 2 heures ! 😭 Heureusement, nous avançons bien droit et bien en rythme, et pour passer le temps, nous jouons au jeu du mot à deviner. On peut féliciter Damien qui a réussi à me faire galérer pendant 40 minutes avec le mot « boules Quies ».
Le delta en bateau
Sur le port du village, nous voyons de nombreux panneaux d’information sur des tours en bateau pour visiter le delta. Différentes routes sont proposées, nous choisissons celle intitulée « Caraorman », elle est plus chère mais elle semble passer par le plus d’endroits et elle dure le plus longtemps, ce qui devrait nous donner le plus d’opportunités de voir plein d’oiseaux. Nous appelons le numéro sur le panneau et réservons.
Nous voici donc parti le lendemain matin pour un tour en bateau. Nous prenons le canal au nord du village puis nous bifurquons à gauche pour passer par le lac Rosu, puis le lac Puiu et d’autres canaux… mais on ne s’arrête jamais ! On trace sans jamais s’approcher du bord et des quelques oiseaux et autres animaux qu’on croise. C’est quoi ce tour !?!?
Nous atteignons le village de Caraorman où nous débarquons. On nous fait monter à l’arrière d’un 4×4 et nous roulons sur une piste de sable, nous passons par une grande dune (assez improbable ici quand même), et nous arrivons dans une forêt où nous nous arrêtons auprès d’un gros arbre. On nous explique alors que Caraorman signifie « forêt noire » et qu’on trouve de très vieux chênes ici comme celui là qui a près de 400 ans. Tous les printemps, cette forêt se retrouve inondée, mais la dune protège le village. Voilà… 😐 en résumé c’est ce qu’on a vu et appris ici, on peut franchement dire que c’était pas ouf…
Nous retournons au bateau et revenons à Sfantu Gheorghes aussi vite qu’à l’aller. C’est donc plutôt déçus que nous finissons cette journée. Pas que ce tour soit totalement inintéressant, mais ce n’est clairement pas ce que nous espérions.
Ce passage sur le delta du Danube aura plutôt été en demi-teinte pour nous. Mais je ne pense pas que ce soit un endroit qui n’en vaille pas la peine, mais plutôt que nous n’avons pas fait les bons choix, peut être aussi qu’un jour ou deux de plus auraient été bien pour explorer d’autres endroits.
Il est temps de reprendre le bateau pour aller récupérer la voiture et la rendre sur Bucarest. Nous conduisons toujours prudemment, on tient à récupérer la caution ! De retour à la capitale, nous prenons le train pour quitter le pays. Prochain pays : la Bulgarie !
Même si notre dernière étape n’a pas été des plus satisfaisante ‘s et qu’il n’a pas toujours été facile et agréable de se déplacer ici, nous avons aimé découvrir ce pays qui nous a aussi beaucoup touché par son histoire. Peut être y reviendrons nous un jour pour découvrir d’autres de ses régions et nous prélasser sur ses plages au bord de la mer Noire ? En attendant, d’autres pays nous attendent !
La revedere Romania !





















