Après le trajet infernal en train et un bon repos, nous voici remis d’aplomb pour visiter la capitale de la Roumanie : Bucarest.
Un peu d’histoire
Pour commencer notre découverte de Bucarest, nous décidons de participer à un « Free Walking Tour ». Le principe est simple, une visite guidée à pied pour découvrir la ville, qui de base est gratuite, mais tout le monde laisse un pourboire au guide à la fin. Nous choisissons le tour de l’association BTrip, et nous sommes ravis, c’est comme un bon cours d’histoire en pleine immersion avec plein d’anecdotes intéressantes, cela nous permet d’en apprendre beaucoup sur le pays et Bucarest. Nous retenons que le pays a beaucoup souffert des guerres, qu’il a été sous la domination austro-hongroise, sous la domination ottomane et sous l’influence soviétique. Ce n’est qu’en 1877 que la Roumanie a pu proclamer son indépendance. Après la 2nde guerre mondiale, elle a connu un régime communiste très difficile, particulièrement sous la dictature de Nicolae Ceausescu. Pour ce qui est de Bucarest, c’est au XVIeme siècle qu’elle est devenue la capitale. Beaucoup de ses bâtiments ont été inspirés par l’architecture parisienne, ce qui lui a valu au début XXeme siècle d’être surnommée « Le Petit Paris« . Son centre historique a miraculeusement échappé à la folie destructrice de Nicolae Ceausescu mais pas tout le reste de la ville, ce qui fait qu’on peut voir des bâtiments de style communiste à côté d’immeuble d’inspiration Hausmannienne.
Le Petit Paris
Voilà pour la petite partie histoire, maintenant, voyons à quoi ressemble Bucarest. Nous passons dans le centre historique (LE quartier des bars et restaurants) au sein duquel se trouve la très belle église du monastère de Stavropoleos, puis nous empruntons le passage de Villacrosse où se trouvent les bars à chichas et nous arrivons sur Calea Victoriei, une très grande avenue où se côtoient les bâtiments d’architecture classique, communiste, moderne, musées et monuments historiques. L’avenue nous amène jusqu’à la Place de la Révolution où est érigé le Mémorial de la Renaissance en hommage aux victimes de la révolution de 1989. Il ne semble pas très surprenant qu’il ne fasse pas l’unanimité auprès des habitants, il est d’ailleurs surnommé « la patate sur un bâton » ou « l’olive sur un cure-dent ».
Comme vous pouvez le constater, l’architecture est bien inspirée de Paris, beaucoup de bâtiments ont d’ailleurs été construits par des architectes français. Et certains sont quasiment des reproductions des monuments parisiens, comme la banque CEC (Petit Palais), le magnifique Athénée roumain (la Rotonde) et l’Arc de Triomphe. L’hommage à la France va d’ailleurs jusqu’à avoir une statue du Général de Gaules !
Top Chef Roumanie
Ça creuse de marcher toute la journée, nous profitons de notre temps libre ici pour aller au restaurant et goûter aux spécialités roumaines. Alors autant vous dire tout de suite, si vous êtes végétarien, ça risque d’être un peu compliqué pour vous. La viande est très présente dans la gastronomie roumaine mais vous pourrez quand même vous régalez avec la salata de vinete, une délicieuse purée d’aubergine cuite au four. Vous pourrez aussi vous remplir l’estomac avec de la mamaliga, une polenta très consistante qui constitue la garniture la plus répandue.
Ce soir, nous goûtons aux ciorbas, des soupes avec de la viande ou du poisson, agrémentées de bors, un condiment obtenu par fermentation de son de blé, c’est un peu aigre mais c’est très bon !
Nous testons aussi le plat national : le sarmale. Ce sont des feuilles de chou bouillies farcies à la viande. N’étant pas fan de chou cuit, j’appréhende un peu, mais au final je me régale 😋
Pour le dessert, nous découvrons le papanasi, deux bons gros beignets nappés de fromage blanc et recouvert de confiture de cerises. C’est très bon et très généreux, un peu lourd en fin de repas mais comme je dis toujours « j’ai mon deuxième estomac pour les desserts ! »

Daria
En voyage, on a l’occasion de rencontrer du monde, mais il y a certaines rencontres qui marquent plus que d’autres. Daria, c’est une jeune étudiante qui partage la même chambre que nous à l’auberge de jeunesse. Nous allons boire un verre ensemble, nous faisons connaissance et discutons. Nous l’écoutons parler de sa vie en Roumanie, elle nous donne des conseils pour notre voyage, nous sentons combien elle aime son pays mais elle exprime aussi beaucoup de colère envers tout ce qui ne va pas ici. Les routes en mauvais état, le réseau de train archaïque, les bâtiments en ruines, les bas salaires… et surtout la corruption. Des politiciens aux médecins en passant par le garagiste, la corruption et les pots de vin sont omniprésents, sombre héritage de l’ère communiste lorsqu’il fallait payer pour survivre. D’après Daria, pour construire une route ici, il faudrait 3 ou 4 fois le montant réel nécessaire tellement il faut arroser tout le monde au passage ! Mais comme de nombreux jeunes n’ayant pas connu le communisme et n’acceptant pas ce système, elle ne perd pas espoir de voir les choses s’arranger. Le genre de discussion qui permet de relativiser sa propre situation dans un pays comme la France.
Bon trêve de blabla, on ne va pas refaire le monde toute la nuit, on est aussi là pour s’amuser. Alors direction boîte de nuit tous ensemble pour aller faire la fête au son de pop roumaine et internationale. 💃🕺