Roumanie : Le Maramures

En voyage, tout ne se passe malheureusement pas comme prévu, un vol annulé, un pneu qui crève, un objet important perdu, un accident… on est jamais à l’abri de quoi que ce soit qui pourrait contrecarrer nos plans. Pour nous, cela va avoir lieu lors de notre passage dans le Maramures, où nous allons vivre le premier gros fail de notre voyage.


L’enfer des trains roumains

Pour atteindre le Maramures, cette région située tout au nord ouest de la Roumanie, nous prenons encore le train. Nous savons qu’il existe des compagnies de navettes en minibus pour effectuer ces trajets, mais leur fonctionnement ne nous convient pas vraiment, pas de gare routière, peu de trajets et de places disponibles, pas de réservation par internet, uniquement par téléphone… nos quelques tentatives de voyager via ces navettes ont toutes été un échec. Du coup, nous prenons au petit matin, un premier train pour Cluj-Napoca, il n’est pas climatisé et en plein été, c’est la fournaise à l’intérieur. Et que c’est lent, mais quand je dis lent c’est vraiment lent ! On aurait largement le temps de compter les brins d’herbe dans les champs qui défilent tellement le train n’avance pas ! 4h pour atteindre Cluj alors que ce n’est qu’à une centaine de kilomètres de notre point de départ ! A la gare, nous attendons 2h que notre second train arrive. Le voici, il a l’air assez récent, il ressemble un peu aux TER qu’on peut avoir en France. On espère qu’il sera plus rapide celui là. Ahahahaahh la bonne blague, on peut espérer longtemps ! Non seulement il est aussi très lent mais il y a de nombreux arrêts prévus… et beaucoup d’autres d’imprévus ! Plusieurs fois lors de ces arrêts nous voyons le conducteur sortir en courant de sa cabine pour traverser le train, ca sent un peu le cramé aussi… pas très rassurant, mais nous repartons à chaque fois. Le summum est atteint lorsque le conducteur arrête le train et sort une nouvelle fois en courant mais avec un extincteur cette fois ci ! What the fuck !?! Allons nous finir par arriver en un seul morceau ?! Le conducteur s’arrête encore plusieurs fois et descend du train pour aller asperger quelque chose avec l’extincteur. Il n’y a pas de fumée mais toujours cette odeur de cramé, on suppose que c’est « juste » quelque chose en surchauffe qui nécessite d’être refroidi. Nous finissons par arriver à Baia Mare avec presque 2h de retard, il est 22h30, il n’y a plus de bus à cette heure ci et l’hébergement que nous avons réservé est à 1/2h à pied. Heureusement, la femme chez qui nous avons réservé vient nous chercher en voiture, on peut lui dire un grand merci, après une telle journée dans l’enfer des trains roumains, c’est fort appréciable !

De Sighisoara à Baia Mare en train 😵‍💫👈
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Baia Mare

Avec un nom comme Baia Mare, on pourrait imaginer une station balnéaire dans une baie tranquille, la plage, les cocotiers… mais il n’en est rien. Baia Mare signifie « la grande mine », la région du Maramures (à prononcer « Maramurèche » au fait) est en effet très riche en minerais. Or, cuivre, plomb… ont longtemps fait vivre la ville mais l’industrie minière a presque disparu ici depuis une trentaine d’année maintenant. Mais ce qui nous amène ici, ce ne sont pas particulièrement les villes mais plutôt la campagne du Maramures. Entre champs encore labourés à l’aide d’animaux, villages pittoresques, églises séculaires en bois… visiter cette région serait comme voyager dans le temps d’après notre guide touristique. On a hâte d’aller voir ça, reste à trouver par quels moyens, transports publics, location de voiture, tour organisé ? Nous allons étudier ça. En attendant, allons tout de même visiter Baia Mare.

Quelques jolies maisons, des immeubles à l’architecture originale, des églises et une grande cathédrale, non une immense cathédrale en fait. Elle n’est pas finie d’être construite, il y a encore des échafaudages, des matériaux et des tas de gravats mais on peut quand même y entrer par son sous sol. Nous allons jeter un œil, ça doit être le lieu de prière temporaire en attendant que tous les travaux soient finis. Je vois une porte ouverte derrière laquelle se trouve des escaliers. Curieux, je décide d’y monter et je me retrouve dans la partie en construction, il y a encore beaucoup de travail ! Je me demande combien de temps cela va bien pouvoir prendre quand on sait que tout sera entièrement peint.

Nous continuons notre visite en montant en haut de la tour de Stefan. En plus d’y avoir une jolie vue, nous pouvons observer le mécanisme complexe de l’horloge installée dans la tour.

La tour de Stefan

Et nous profitons aussi de ce tour en ville pour nous renseigner et organiser notre visite de la campagne du Maramures. Nous allons à l’office de tourisme, dans des agences de voyage et consultons les loueurs de voitures. Problème, il n’y a apparemment pas de transport publics permettant de se déplacer convenablement dans la campagne, les locations de voiture sont hors de prix et à cause du covid, il n’y a presque plus de guides en activité donc pas de tours organisés, on nous propose seulement une visite privée à un prix prohibitif. Mince. Nous passons la soirée à chercher une solution, prendre le tour privé ? Louer une voiture dans une plus grande ville où ça sera moins cher ? Laisser tomber ?

Et c’est avec regret que nous décidons de laisser tomber… pour le moment. Nous allons faire quelque chose d’un peu tordu mais qui au final nous permettra de visiter le pays dans de meilleures conditions : nous allons louer une voiture, mais à Bucarest et au 1er Septembre. Pourquoi ? Et bien parce que là bas, les prix à partir de cette date deviennent ridiculement bas. Cela va nous permettre de prendre un véhicule pendant une durée suffisante pour visiter le Maramures, la Bucovine et le delta du Danube. Par contre, ça veut dire qu’on est monté jusque Baia Mare un peu pour rien et ça va nous faire traverser le pays jusque Bucarest pour ensuite remonter. Un peu tordu je vous disais, mais c’est le meilleur compromis qu’on a trouvé !

Nous avons maintenant un peu (beaucoup) de temps à tuer avant de prendre le train pour Bucarest. Nous choisissons donc d’aller visiter le musée de minéralogie où sont exposés des centaines de cristaux provenant de la région. Nous en avions déjà vu plein de jolis dans un musée à Prague, mais il faut dire qu’ils sont encore plus beaux ici. Et il y a beaucoup de lecture, parfait pour passer le temps.


L’enfer des trains roumains, le retour

Le trajet le plus « rapide » disponible est un train de nuit. Il reste long mais il a l’avantage d’être direct. Nous voulions réserver dans les wagons-lits mais il n’y avait plus place, du coup c’est sur des sièges normaux que nous allons faire ce trajet. 😭 Il n’y a pas trop de monde, on peut chacun avoir deux sièges pour s’allonger et espérer pouvoir dormir un peu. Mais malheureusement le train est très bruyant et à chaque fois que quelqu’un rentre, ouvre la porte pour aller aux toilettes ou dans une autre voiture, ça fait un boucan encore plus monstrueux. Ajoutez à ça les c***ards qui mettent de la musique ou regardent des vidéos sur leur téléphone le son à fond. Je ne sais même plus si j’ai réussi à dormir ne serait ce que quelques minutes. 🥺 C’est donc complètement épuisés que nous arrivons au petit matin à Bucarest. Nous nous rendons à l’auberge de jeunesse où nous avons réservé et nous écroulons de sommeil.

😭

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